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ouvernement du Premier Ministre Mamadou Lamine Loum aura eu l’honneur d’organiser en toute transparence, apparaissait comme le principal artisan de ce qui allait être salué par le monde entier comme un exemple ô combien lumineux de démocratie.

De ce point de vue, il apparait indéniable que le Sénégal a eu à faire preuve de temps forts démocratiques. Il est peut être même plus intéressant de noter avec Christian Coulon[2] l’existence d’une « tradition démocratique » sénégalaise qui remonterait d’ailleurs bien au-delà de la période coloniale par la prééminence même dans nos royaumes d’un espace public élargi dans laquelle figurait déjà une diversité d’acteurs.

Il n’en demeure cependant pas moins vrai que le Sénégal est confronté, et aujourd’hui plus qu’hier, à des difficultés qui mettent véritablement à mal cette idée d’exception démocratique. La première me semble t-il est d’ordre économique et est liée aux pressions que la crise économique fait peser sur le Sénégal. Après les émeutes de la faim de mai-juin dernier, on a assisté dernièrement dans les banlieux dakaroises aux émeutes de l’électricité. Malgré le fait que Sénégal n’ait pas une économie financiarisée, on peut penser que la crise financière, devenue d'ailleurs économique, qui frappe de plein fouet les pays du Nord aura une répercussion sur notre pays, ne serait-ce que par une baisse des investissements qui va accentuer le chômage qui frappe presque déjà la moitié de la population en âge de travailler. Inutile de dire alors que l’Etat aura encore plus de mal à remplir ses fonctions distributives. La corruption et le clientélisme n’en gagneront que davantage de terrain, ce qui ne fait que remettre encore plus en question notre démocratie.

La deuxième série de difficultés réside dans le tripatouillage des institutions qui me semble-t-il est directement lié aux querelles à l’intérieur du Parti Démocratique Sénégalais (le PDS au pouvoir depuis l'alternance du 19 mars 2000) et à la volonté prêtée à tord ou à raison à Wade Père de vouloir nous scotcher Wade Fils. La démocratie dans un pays est souvent à l’image de la démocratie ou de la non démocratie en l’occurrence qui prévaut au sein du parti qui dirige ce pays. Le Président Wade gère son parti dans une sorte de néo-patrimonialisme en utilisant les moyens de son parti et de l’Etat comme s’il s’agissait de ses propres biens tout en donnant à ces pratiques une apparence démocratique. Quand on veut se débarrasser d’un Idrissa Seck (ancien Premier Ministre du PDS) devenu gênant, on piétine les règles de séparation des pouvoirs théorisées par Montesquieu pour montrer à la justice la voie à suivre. Quand le scénario se reproduit avec Macky Sall, ancien Premier Ministre du PDS et désormais ancien Président de l'Assemblée Nationale, on supprime tout simplement le poste de N°2 au sein du PDS et on bâillonne les députés pour qu’ils le destituent. C’est tout simplement ahurissant d’avoir voté le projet de loi Sada Ndiaye qui fait passer le mandat du Président de l’Assemblée Nationale de cinq à un an : qu’il n’en déplaise aux détracteurs de Macky Sall et en dépit de l'avis donné par le Conseil Constitutionnel sur la procédure utilisée par les députés, cette loi est anticonstitutionnelle aussi bien dans l’esprit que dans la lettre. Le jeu politique au sein du parti au pouvoir est plombé d’avance car, et les libéraux eux-mêmes se plaisent hélas à le dire, au PDS il n’y a qu’une seule constante, c’est Wade. Pire, il y a de quoi craindre que cette constante ne devienne le clan des Wade. Ce serait l’ultime assaut à cette « exception démocratique

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