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La Communication Et Ses Acteurs Devoir 1

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l’on se réfère à la trilogie « accomplissement du moi », « spontanéité », « jouissance », on ne peut que constater une continuité entre les démarches artistiques et l’attitude consumériste : même revendication hédoniste du plaisir et de l’individualité comme valeurs suprêmes, même refus de normes rationnelles qui viendraient enfermer le désir, même refus du long terme et même valorisation de l’instant présent. Pourtant, deux différences essentielles doivent être notées : d’une part, la personnalité de l’artiste était pensée comme l’expression d’une particularité forte (ce n’est pas à la portée de n’importe qui d’être quelqu’un) et d’autre part, la société environnante était clairement hostile à l’expression de cette individualité. L’hédonisme consumériste est lui beaucoup plus confortable et vide. Confortable, parce que l’ensemble du corps social est éduqué dans cette idée qu’« on est tous différents » et donc tous intéressants, ce qui aurait fait bondir les artistes critiques de la médiocrité bourgeoise ; vide, parce que la personnalité se construit à coup d’adhésions et d’affichages de signes de reconnaissance à telle ou telle communauté ou mouvement de mode.

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CORRIGÉ 01

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L’hédonisme de consommation courante, et c’est la thèse de Lipovetsky, passe par un changement de conception du « moi » qui de profond et mystérieux devient dispersé et ostentatoire. Question 2 (4 pts) Si, pour l’essentiel, l’analyse de Lipovetsky reste juste, on n’en prendra pour preuve que la façon dont le Web 2.0 vise à coller au mieux aux désirs et particularités de chaque individu (je m’affiche sur Facebook et je pianote sur Twitter, donc je suis), il n’en reste pas moins vrai que l’euphorie individualiste des années 1980 (le bel âge des Golden Boys) a provoqué quelques réactions de l’ordre du supplément d’âme moralisateur. D’une part, la réalité des inégalités sociales grandissantes est venue pointer le caractère cruel de l’hédonisme pour qui n'a pas les moyens d’y satisfaire. Le crédit a ses limites, qui définissent le surendettement, et la course effrénée à l’achat de nouveaux produits censés apporter le bonheur ne va pas toujours de soi, comme en témoigne la saturation en quelques années du marché des mobiles, les désillusions de Microsoft à propos de Vista ou les difficultés de l’industrie automobile. Le bonheur consumériste a un coût… que les salaires sont loin de suivre. D’autre part, dans une société si permissive qu’elle se cherche désespérément des tabous qu’elle pourrait encore combattre, la revendication du plaisir individuel débouche souvent sur un sentiment de vide et d’absurdité. Si le système se survit à lui-même de crise en crise, les individus, eux, se demandent souvent ce qui pourrait donner sens à leur existence. On assiste ainsi à un certain retour au collectif, pour peu qu’il soit librement choisi, qu’il s’agisse de sympathiser avec telle ou telle ONG, d’adhérer à un mouvement plus ou moins spiritualiste et si possible oriental ou simplement de s’impliquer dans une cause le plus souvent de proximité (contre les éoliennes, pour le papier recyclé, pour le droit de chasser la palombe, contre la violence routière). Surtout, il semblerait que la prise de conscience écologiste ait un peu le rôle assumé il y a un siècle par les élites hédonistes. Comme elles, elle relève d’abord d’un mouvement minoritaire fortement impliqué dans une vision nouvelle de l’homme ; l’écologie souriante des produits bio est bien loin des prises de position des fondamentalistes de l’écologie. Comme elles, elle se répand rapidement dans la société en s’édulcorant ; le développement durable implique certainement une vision collective mais si peu contraignante… Comme elles enfin, elle vient malgré tout remettre en question les certitudes confortables d’un monde par trop sûr de lui-même. Hédonistes, nous le sommes plus que jamais, mais nous nous surprenons à aimer les ours blancs et à trembler, un peu, pas assez probablement, pour les générations futures.

DEUXIÈME PARTIE (12 points)

Question 3 (4 pts) Prenons comme fil conducteur le sens de lecture qui préside à la construction des pages Web proposées. Saute aux yeux, de prime abord, ce qui constitue tout à la fois la signature de Cetelem et l’accroche de chacune des pages : « Donnons de l’avenir à vos projets », accompagnés d’une mascotte verte souriante, dans une posture stable et sécurisante, le tout lié à une forme ovoïde, dynamique par son étroitesse et rassurante par sa délimitation. On ne manquera pas de remarquer que la luminosité accentuée du côté de la mascotte fait d’elle la source de toute solution, tandis que le vert, classiquement couleur de l’espoir, place l’avenir du futur client sous les meilleurs auspices. D’avenir, c’est bien de cela qu’il s’agit quand on cherche un crédit, tout le problème étant de faire vivre positivement, sous la forme de projet, ce qui constitue objectivement un endettement pas toujours voulu. S’endetter pour une maison, une voiture ou boucler une fin de mois difficile est souvent vécu dans l’angoisse et Cetelem fait partie des organismes qui imposent les taux les plus élevés. Toute sa stratégie consiste donc à présenter la demande de crédit comme l’effet d’une volonté libre et tournée vers l’avenir. Ce qui lui permet de se positionner en partenaire venant conforter une volonté peut-être hésitante en insistant sur la collaboration, à la limite la solidarité, par l’usage de la première personne du pluriel (« donnons »). Les photos sont toutes placées sous le signe de la jeunesse, de la famille ou du couple et du sourire ; à l’exception de celle illustrant le rachat de crédit, situation a priori trop angoissante (surendettement) pour être traitée de façon euphorique mais dont nous verrons comment elle est littéralement « retournée » par Cetelem. L’absence de bordure des photos permet de construire la continuité entre les situations euphoriques qu’elles mettent en scène et l’offre de crédit qu’elles illustrent. On remarquera que les achats proprement dits sont traités de façon allusive et que ce sont les

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LA COMMUNICATION ET SES ACTEURS

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situations de bonheur individuel ou partagé qui sont mises en valeur. Peu importe finalement ce que l’on achète, c’est le bonheur qui compte. …Et le bonheur tout de suite ! Les décisions se prennent au présent, ici et maintenant et ne sont qu’affaire de volonté, d’où l’alternance de l’impératif et de l’indicatif (« Financez vos travaux », « Faites voyager vos envies », « À vous de choisir », « C’est vous qui décidez »). Le Moi

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