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Cours D'Économie Bts

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Catégorie: Divers

Soumis par: Russell 14 avril 2012

Mots: 12144 | Pages: 49

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du marché sur lequel se rencontrent les agents qui disposent d’une épargne qu’ils désirent prêter (agents à capacité de financement) et les agents qui souhaitent emprunter (agents à besoin de financement). On repère trois compartiments du marché des capitaux :

– le marché financier, où s’échangent des titres de long terme (actions et obligations) ;

– le marché monétaire, où s’échangent des obligations de court terme ;

– le marché des changes, où s’échangent des devises entre elles.

2. Le prix et les décisions des agents économiques

2.1 Comment se fixent les prix de marché ?

Un prix de marché se fixe au moment de la rencontre entre l’offre et la demande. L’offre peut être représentée par une courbe croissante en fonction du prix, la demande par une courbe décroissante.

On appelle « choc de demande » toute modification dans le temps du comportement des demandeurs qui se caractérise par une variation de la demande pour un même niveau de prix. Le choc de demande est dit positif si les demandeurs sont disposés à payer plus pour une même quantité ; négatif s’ils désirent payer moins.

On appelle « choc d’offre » toute modification dans le temps du comportement des offreurs qui se caractérise par une variation de l’offre. Le choc d’offre est dit positif si les offreurs sont disposés à accepter un moindre prix pour une même quantité, négatif s’ils réclament un prix plus élevé.

Au total, les variations relatives de l’offre et de la demande sur le marché modifient le prix d’équilibre. Ce dernier est donc a priori déterminé par la loi de l’offre et de la demande.

2.2 Quel est le rôle des prix en économie de marché ?

Les agents perçoivent les prix comme des signaux qui orientent leurs décisions économiques ; les prix transmettent l’information. Par exemple, lorsque le prix d’un bien s’élève, cela indique une situation de rareté relative du bien concerné et incite les offreurs à produire.

Les prix jouent un rôle d’allocation des biens entre les différents agents, dans la mesure où seuls les agents économiques qui disposent des prix de réserve les plus élevés pourront acquérir ces biens. Le prix de réserve se définit comme le prix qu’un agent est prêt à payer pour disposer d’une unité d’un bien.

2.3 Comment les prix orientent-ils les décisions économiques ?

Les prix orientent tout d’abord les décisions des producteurs. Ceux-ci opèrent un choix entre les biens à produire en fonction du prix affiché par le marché : si le prix est suffisamment élevé pour qu’ils dégagent un profit positif, ils produiront de ce bien. En outre, les prix exercent une influence sur le choix de la combinaison productive ou technique de production : ils orientent les producteurs vers l’utilisation des facteurs de production les moins chers.

Les prix guident ensuite les comportements des consommateurs. Par exemple, la baisse du prix d’un bien peut conduire un consommateur à acheter plus de ce bien, pour peu que l’élasticité de la consommation par rapport au prix soit forte (effet de substitution). L’élasticité de la demande par rapport au prix se définit comme le rapport de la variation de la quantité consommée, en pourcentage, à la variation relative du prix, elle aussi en pourcentage. Si cette baisse du prix n’incite pas à acheter plus d’unités du bien concerné, elle peut amener à consommer une plus grande quantité d’autres biens (effet de revenu).

Dans tous les cas, les agents économiques procèdent à une analyse à partir des coûts qu’ils doivent supporter du fait de leur décision, et des avantages qu’ils espèrent retirer de la décision prise. Puisque toute décision est soumise à l’incertitude concernant les coûts qu’elle engendre et les avantages qu’elle procure, les agents économiques sont soumis au risque que les avantages obtenus soient inférieurs aux coûts supportés.

3. La monnaie dans l’échange

3.1 Quel est le rôle de la monnaie dans l’échange ?

A. Les fonctions de la monnaie

a) Un intermédiaire des échanges

La fonction première de la monnaie est de servir d’intermédiaire dans les échanges. Elle dissocie le troc en deux opérations distinctes : les marchandises s’échangent contre de la monnaie, puis la monnaie s’échange contre des marchandises. Elle permet ainsi d’éviter les inconvénients liés au troc, notamment le risque de blocage de l’échange faute de contractant (problème de la double coïncidence des besoins) ainsi que les coûts d’attente et de stockage.

b) Un instrument de compte

La monnaie est l’unité de mesure de la valeur. Les prix des biens sont exprimés en monnaie. La fonction d’unité de compte de la monnaie permet d’abandonner le système complexe des prix relatifs et donc de simplifier l’information sur les prix dont disposent les agents économiques.

c) Un lien entre le présent et le futur

La monnaie permet de transférer du pouvoir d’achat dans le temps : la monnaie détenue par un agent représente un pouvoir d’achat dont il dispose pour pouvoir acquérir des biens et services. Ce pouvoir d’achat peut être différé dans le temps : la monnaie est donc un « lien entre le présent et le futur ». En ce sens, il est préférable de détenir sa richesse sous forme monétaire, c’est-à-dire sous forme d’épargne thésaurisée, plutôt que sous forme de bien périssable.

B. Les formes de la monnaie

Par mi les formes de la monnaie on distingue aujourd’hui la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale.

a) La monnaie fiduciaire

La monnaie fiduciaire (du latin fiducia, confiance), correspond aux billets, lesquels reposent, au départ, sur la confiance en la capacité de cette forme de monnaie à être acceptée par tous en règlement des échanges.

b) La monnaie scripturale

La monnaie scripturale est une monnaie immatérielle qui émerge avec le rôle de banquier. Celui-ci reçoit les dépôts de monnaie fiduciaire, en inscrit le montant sur des comptes et donne la possibilité aux détenteurs de ces comptes de mobiliser la monnaie scripturale par des moyens de paiement tels que la carte bancaire et ou le chèque.

3.2 En quelle quantité la monnaie circule-t-elle ?

La masse monétaire se définit à partir d’une délimitation des agents qui détiennent la monnaie. Elle représente la quantité de monnaie en circulation dans l’économie, c’est-à-dire qui est entre les mains des agents non financiers résidents. Ainsi, la monnaie détenue par les banques commerciales et la banque centrale n’est pas en circulation car elle est détenue par des agents financiers ; elle ne fait pas partie de la masse monétaire.

La masse monétaire se mesure à l’aide d’agrégats monétaires. Chaque agrégat représente un ensemble d’actifs monétaires plus ou moins liquides. La liquidité est la capacité d’un actif monétaire à être transformé à bref délai et sans coût en moyen de paiement.

Les différents agrégats monétaires sont classés par ordre de liquidité décroissante des actifs monétaires qui les composent :

– M1 : il comptabilise la monnaie au sens strict, c’est-à-dire l’ensemble des moyens de paiement (pièces, billets et dépôts à vue assortis de moyens de paiement tels que les chèques ou les cartes bancaires) ;

– M2 : outre M1, il inclut les dépôts sur les comptes sur livret ;

– M3 : outre M2, il comprend les titres de créance négociables sur le marché monétaire.

3.3 Quelle influence la monnaie exerce-t-elle sur l’activité économique ?

A. L’influence de la quantité de monnaie en circulation

On peut considérer que l’augmentation de la quantité de monnaie en circulation, c’est-à-dire la hausse du volume de monnaie détenue par les agents économiques (grâce aux crédits obtenus auprès des banques), va provoquer une hausse de la demande de biens aux entreprises. Si celles-ci n’ont pas augmenté leur offre, il en résulte une hausse des prix (ou inflation) par simple application de la loi de l’offre et de la demande : lorsque la demande augmente et que l’offre est inchangée, les prix augmentent.

Mais on peut aussi envisager la hausse de la quantité de monnaie en possession des agents économiques comme le résultat d’une demande de crédit de la part des producteurs auprès des banques. C’est justement parce que les producteurs anticipent une hausse de la consommation des ménages qu’ils décident d’investir pour produire plus. Ils utilisent ainsi une plus grande quantité de facteurs de production (travail et capital), distribuent plus de revenus et contribuent de ce fait à la montée de la consommation des ménages. Dans cette hypothèse, la hausse de la quantité de monnaie en circulation n’est pas inflationniste. Elle peut même permettre de relancer l’activité des agents économiques.

Au final, si l’augmentation de la quantité de monnaie en circulation ne s’accompagne pas d’une hausse des quantités de biens produites, un risque d’inflation est toujours possible.

B. L’influence de la qualité de la monnaie

Elle se repère à sa stabilité interne et externe.

La stabilité interne de la monnaie repose sur son pouvoir d’achat interne. La quantité de biens que l’on peut acheter avec une unité monétaire sur le territoire où la monnaie a cours évolue avec l’inflation : la hausse des prix réduit le pouvoir d’achat interne de la monnaie.

Par analogie, la stabilité externe de la monnaie repose sur son pouvoir d’achat externe. Ainsi, le montant de devises étrangères que l’on peut acquérir avec une unité de monnaie domestique évolue avec le taux de change. Par conséquent la quantité de biens en provenance de l’étranger que l’on peut acheter évolue aussi. Une monnaie de qualité est donc une monnaie qui a tendance à s’apprécier relativement aux autres monnaies : une même unité de monnaie domestique permet d’obtenir une plus grande quantité de devises étrangères et de biens produits à l’étranger.

De manière générale, on dira que la qualité de la monnaie se mesure à la confiance qu’elle inspire : confiance dans le fait qu’elle sera acceptée partout et par tous en règlement d’une transaction, et confiance dans le fait de la conserver pour transférer du pouvoir d’achat dans le temps. Lorsque la monnaie est conservée sous forme scripturale, cette confiance en la monnaie est liée à la confiance dans le système bancaire à la transformer en monnaie fiduciaire à toute demande.

Chapitre 2

L’État et le fonctionnement

des marchés

L’étude des dysfonctionnements de marché met l’accent sur ce qui empêche le fonctionnement satisfaisant d’un marché. Les défaillances de marché correspondent au fait que la logique de marché ne peut pas rendre compte de toutes les productions.

1. L’État met en place un cadre institutionnel

pour le bon fonctionnement des marchés

1.1 Quel cadre institutionnel face à l’insuffisance d’information ?

A. Les marchés de concurrence pure et parfaite

La concurrence pure et parfaite est un modèle théorique idéal du marché, qui repose sur les conditions suivantes :

– atomicité de l’offre et de la demande ;

– homogénéité des produits échangés ;

– information parfaite ;

– libres entrées et libres sorties du marché ;

– parfaite mobilité des facteurs de production.

La concurrence est qualifiée d’imparfaite chaque fois que l’une de ces conditions n’est pas remplie.

B. L’information sur les marchés est souvent imparfaite

L’information parfaite suppose que tous les participants au marché – offreurs et demandeurs – disposent d’une information complète sur la qualité des produits échangés et leur prix. En réalité, l’information est très souvent asymétrique : certains agents sont mieux informés que d’autres.

Généralement, le vendeur en sait plus sur la qualité du bien vendu que l’acheteur potentiel. Il peut alors être tenté d’abuser de sa position en dissimulant les informations susceptibles de faire baisser le prix ou d’inciter l’acheteur à la prudence. Face à cette asymétrie d’information, l’acheteur peut même renoncer à son achat et la demande ne pas s’exprimer sur le marché : aucune transaction ne peut alors avoir lieu.

C. Les solutions au problème de l’asymétrie d’information

L’information sur les produits vendus peut être apportée par les offreurs eux-mêmes pour envoyer un signal de la qualité de leur production aux acheteurs potentiels (exemple : la garantie offerte par un concessionnaire automobile au moment de l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion). Mais, là encore, l’information délivrée reste sujette à caution : le vendeur étant à la fois juge et partie, la crédibilité des informations est discutable.

Pour résoudre le problème, les pouvoirs publics peuvent exiger, par le biais d’une réglementation, que l’agent révèle l’information cachée (exemple : contrôle technique obligatoire pour toute vente de véhicule d’occasion). D’une manière plus générale, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes met en place, en France, un cadre institutionnel pour assurer l’information des consommateurs. Outre l’affichage des prix, la réglementation encadre aussi l’étiquetage des produits. Enfin, si le déroulement d’une transaction n’est pas conforme à la loi, un agent peut toujours le contester devant le juge.

1.2 Quel cadre institutionnel pour faire respecter la concurrence ?

A. Le paradoxe de la concurrence

Ce paradoxe s’énonce simplement : la concurrence conduit à la disparition de la concurrence. Un régime de concurrence conduit en effet à la disparition des entreprises les moins rentables jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une (ou quelques-unes) et que le marché devienne un monopole (ou un oligopole). Le problème est que la situation de monopole est peu enviable pour les consommateurs : le prix pratiqué est plus élevé qu’en présence de concurrents et le choix est restreint.

B. L’encadrement de la concurrence

C’est l’Autorité de la concurrence qui a en charge la régulation de la concurrence en France, en appliquant les législations nationale et communautaire.

Au niveau européen, c’est la Commission européenne qui surveille les ententes entre entreprises (sur les prix ou sur la répartition des marchés), les abus de position dominante et les prix abusivement bas (qui visent à faire disparaître la concurrence).

1.3 Comment instaurer la confiance sur les marchés ?

A. Assurer la stabilité de la monnaie

La monnaie substitue deux étapes à l’unique étape du troc traditionnel : au lieu d’échanger un bien A contre un bien B, les individus échangent le bien A contre de la monnaie, puis la monnaie contre le bien B. Mais, dans le troc, l’échange du bien A contre le bien B est immédiat, alors qu’avec la monnaie, il peut s’opérer une rupture dans le temps : l’échange de monnaie contre le bien B peut survenir plus tard. Les individus conservent alors de la monnaie pendant un certain temps avant de l’échanger à nouveau contre le bien B.

Il faut donc que cette monnaie conserve son pouvoir d’achat, ce qui conduit les autorités monétaires à afficher un objectif de lutte contre l’inflation. En cas d’hyperinflation, il devient même préférable de revenir au troc qui réduit considérablement les possibilités d’échange.

B. Sécuriser les transactions

La sécurisation des transactions agit aussi sur la confiance des intervenants sur les marchés. C’est le cas des transactions en ligne (problème d’information sur les produits vendus, inquiétude relative au paiement par carte bancaire), qui font l’objet d’une surveillance accrue de la DGCCRF. Par ailleurs, l’État garantit les montants que les ménages détiennent sur leurs comptes auprès des banques : il s’agit de l’essentiel de la monnaie détenue par les ménages sous forme scripturale et qui sert aux transactions économiques.

2. L’État pallie les défaillances des marchés

2.1 Comment résoudre le problème des externalités ?

A. Le problème des externalités

Une externalité se définit comme l’effet, positif ou négatif, de l’action d’un agent économique sur le bien-être d’autres agents économiques, sans qu’il y ait pour autant une compensation monétaire. Dans le cas d’une externalité négative (exemple : pollution par une usine), le coût privé, supporté par l’agent qui en est à l’origine (exemple : l’entreprise propriétaire de l’usine), est inférieur au coût social, supporté par l’ensemble des agents économiques (exemple : les riverains de l’usine).

B. La solution de l’écotaxe

Pour que le coût privé d’une externalité négative soit à la hauteur du coût social, la première solution consiste à taxer les responsables (exemple : taxe égale au coût engendré par la pollution). C’est le cas de l’écotaxe, qui fonctionne selon le principe du « pollueur payeur ». Il est cependant très difficile de mesurer le coût d’une externalité, donc de fixer le montant de la taxe.

C. La solution du marché des droits à polluer

Une deuxième solution consiste à créer le marché manquant, sur l’exemple du marché des droits à polluer. Chaque entreprise doit, pour être autorisée à polluer, détenir des « droits à polluer » qu’elle se procure, au cas où les droits octroyés par les pouvoirs publics sont insuffisants, sur un marché où se confrontent une offre et une demande de droits à polluer. Les entreprises qui n’utilisent pas tous leurs droits les offrent sur le marché ; les entreprises qui ne disposent pas de suffisamment de droits pour produire en demandent. La quantité de droits est définie par l’Administration (la Commission de l’environnement au niveau européen), ce qui permet d’atteindre des objectifs quantitatifs en matière de diminution de la pollution.

2.2 Comment résoudre le problème des biens publics ?

A. Le problème des biens publics

Un bien public est un bien indivisible, c’est-à-dire que plusieurs personnes peuvent le consommer en même temps et qu’aucune ne peut être exclue de sa consommation. Le problème du bien public réside dans le fait que, puisque personne ne peut être exclu de sa consommation, les individus ont tendance à ne pas révéler leur préférence cachée pour ce type de bien (c’est-à-dire le prix qu’ils seraient prêts à payer pour l’obtenir), espérant ainsi ne pas avoir à payer pour le consommer (comportement de passager clandestin). Si tous les individus procèdent de la sorte, aucune demande ne sera exprimée et le bien public ne sera pas produit alors que chacun souhaiterait qu’il le soit. La poursuite des intérêts individuels ne conduit donc pas toujours à l’intérêt collectif.

B. La prise en charge par l’État

Si aucun agent économique n’a intérêt à révéler sa disposition à payer le bien public (son prix de réserve), l’État peut prendre en charge la production du bien public et imposer une taxe pour la financer. Il choisit le montant de la taxe en fonction de la quantité de bien public qu’il juge souhaitable pour la collectivité. Il peut choisir de faire payer différemment les individus en fonction de critères économiques et/ou sociaux.

Le bien public n’est pas nécessairement produit par l’État lui-même. Cette production peut faire l’objet d’une délégation de service public ou d’un partenariat public-privé : l’État charge une entreprise privée, voire une association, de produire un bien public pour son compte pour une durée déterminée.

Chapitre 3

La dimension internationale

de l’échange

1. L’ouverture des économies nationales

1.1 Quelles sont les transactions courantes avec l’extérieur ?

A. L’ouverture d’une économie sur l’extérieur

L’ouverture d’une économie sur l’extérieur est mesurée par le taux d’ouverture : (avec X : exportations et M : importations).

Ce taux dépend de la taille du pays : il s’élève à près de 27 % pour un pays comme la France, contre 11 % pour les États-Unis et 85 % pour le Japon.

B. Les transactions courantes réalisées avec l’extérieur

Les transactions courantes concernent :

– les échanges de biens : les importations sont enregistrées « coût assurance-fret compris » (CAF) ; les exportations sont enregistrées « franco à bord » (FAB) ;

– les échanges de services ;

– les échanges de revenus qui correspondent aux rémunérations des facteurs de production nationaux, travail et capital, qui ont servi à l’étranger ;

– les transferts courants qui s’apparentent à des flux monétaires sans contrepartie (comme les envois de fonds des travailleurs immigrés vers leur pays d’origine).

Pour la France, on constate que les revenus et les services agissent positivement sur le solde des transactions courantes, alors que les biens et les transferts courants agissent de manière négative.

1.2 Quels sont les échanges extérieurs de la France ?

A. La structure des échanges par pays

La France commerce principalement avec des pays proches géographiquement et en termes de niveau de développement.

Plus de 70 % de ses échanges extérieurs sont réalisées avec des pays européens. Cela s’explique en partie par le démantèlement des barrières douanières entre les pays de l’Union européenne depuis le traité de Rome de 1957. Aussi, on peut dire que les économies de l’Union européenne sont interdépendantes, en ce sens qu’elles se transmettent mutuellement les fluctuations de leur activité économique par le biais de leurs échanges commerciaux.

La France échange surtout avec des pays développés, et relativement peu avec les pays en développement.

B. La structure des échanges par produits

Les échanges extérieurs de marchandises de la France portent surtout, dans l’ordre, sur les produits des industries des biens intermédiaires, des biens d’équipement, des biens de consommation et de l’automobile.

Le solde des échanges de marchandises subit l’influence négative du solde des échanges des produits énergétiques et, dans une moindre mesure, de celui des biens intermédiaires. Il bénéficie en revanche du solde positif des échanges de produits issus des industries agroalimentaires (IAA) ainsi que de celui des biens d’équipement. Depuis quelques années, le solde des transactions courantes français est négatif.

On distingue, parmi les secteurs de l’économie nationale, ceux qui sont relativement bien abrités de la concurrence internationale (exemple : services dits de proximité tels la restauration, le commerce, l’artisanat) et ceux qui y sont exposés.

1.3 Comment interpréter le solde des transactions courantes ?

A. Les liens entre solde des transactions courantes

et activité économique

Bien souvent, le solde des transactions courantes est présenté comme le reflet de la compétitivité d’une économie : au bon excédent s’oppose le mauvais déficit. Ainsi, un solde négatif des transactions courantes signifie que la production nationale ne suffit pas à couvrir la demande intérieure, tandis qu’un solde positif indique que le pays dégage un surcroît de production qu’il peut destiner à l’exportation.

Pourtant, un déficit extérieur n’est pas forcément un signe de mauvaise santé de l’économie nationale. S’il n’est que conjoncturel, il peut très bien refléter la volonté d’investir d’un pays qui, pour cela, s’approvisionne en biens d’équipement à l’extérieur. Ces investissements sont sources d’amélioration de la compétitivité prix et hors prix de l’économie, qui aura un effet positif sur le solde futur des transactions courantes.

De même, un excédent ne représente pas nécessairement une situation enviable pour l’économie nationale. Il peut en effet résulter d’une chute des importations, laquelle reflète un ralentissement de la demande des ménages en raison d’un arrêt de la croissance économique ou d’anticipations pessimistes sur cette croissance.

B. Les liens entre solde des transactions courantes

et besoins et capacité de financement de la nation

Lorsque le solde des transactions courantes est négatif, cela montre que le montant de devises obtenues par les résidents grâce aux exportations n’est pas suffisant pour payer le montant des importations. Globalement, la nation dégage un besoin de financement. Elle doit alors trouver un moyen de se procurer les devises qui lui font défaut, en puisant dans les réserves accumulées sur les périodes précédentes ou en empruntant ces devises à l’étranger. Bien entendu, ces emprunts vont donner lieu ultérieurement à des versements d’intérêts, enregistrés en revenus versés au reste du monde dans le compte des transactions courantes, qui creuseront le solde des transactions courantes.

Inversement, un solde des transactions courantes positif permet de dégager une capacité de financement de la nation à l’origine de prêts aux non-résidents, et donc source de revenus futurs pour la nation.

2. La nécessité des échanges de devises

2.1 Qu’est-ce qu’un taux de change ?

A. Le prix d’une monnaie

Le taux de change d’une monnaie correspond à son prix exprimé en une autre devise. On parle de cotation à l’incertain lorsqu’on connaît le nombre d’unités de monnaie nationale qu’il est nécessaire d’offrir pour obtenir en échange une unité de devise étrangère (exemple : 1 $ = 0,50 €). On parle de cotation au certain lorsqu’on connaît le nombre d’unités de devise étrangère que l’on peut obtenir en échange d’une unité de monnaie nationale (exemple : 1 € = 2 $).

B. Un prix déterminé sur un marché

Le prix de l’euro en dollar correspond à un prix de marché : le marché des changes, où se confrontent une offre d’euros (en provenance de ceux qui veulent obtenir des dollars) et une demande d’euros (en provenance de ceux qui offrent des dollars). Lorsque la demande d’euros s’accroît face à l’offre, la loi de l’offre et de la demande nous explique que le prix de l’euro augmente. On dit que l’euro « s’apprécie » en ce sens qu’il permet d’obtenir une plus grande quantité de dollars qu’auparavant.

2.2 Quels sont les effets des variations du taux de change

sur les décisions des agents économiques ?

A. Le taux de change influence les décisions de production

Lorsqu’une monnaie a tendance a trop s’apprécier, les entreprises qui vendent leur production dans cette monnaie sont pénalisées car leurs clients doivent fournir un montant sans cesse plus important de leur propre monnaie nationale pour pouvoir acheter une même quantité de biens. Ces entreprises sont alors tentées de délocaliser leur production dans les pays qui utilisent la même monnaie que leurs clients : ainsi, elles ne sont plus soumises aux variations de change. Toutefois, les effets de cette appréciation dépendent de la plus ou moins grande élasticité de la demande étrangère par rapport au prix des exportations exprimé en devise étrangère.

B. Le taux de change influence les décisions de consommation

Lorsqu’une monnaie s’apprécie, les prix étrangers exprimés en monnaie nationale diminuent. Cela renforce la tentation de consommer des produits d’importation au détriment de la production nationale. Bien entendu, l’opération est intéressante seulement si le gain dû au taux de change est supérieur au coût d’acheminement des produits depuis l’étranger (coûts de transport des personnes ou coût d’envoi des produits plus coût de conversion de la monnaie nationale en devise étrangère). Là encore, les effets d’une appréciation (ou d’une dépréciation) dépendent de la plus ou moins grande élasticité de la demande intérieure au prix des importations exprimé en monnaie nationale.

C. Le taux de change agit sur les décisions d’épargne

Malgré un taux d’intérêt plus élevé à l’étranger, il est plus prudent de placer son épargne sur le territoire national si on s’attend à une dépréciation de la devise du pays où le taux d’intérêt est plus élevé. Ainsi, les anticipations en matière de taux de change sont aussi importantes que les différences de taux d’intérêt observés entre les pays pour expliquer les mouvements internationaux de capitaux.

Chapitre 4

Les fondements

de l’échange international

1. La complémentarité dans l’échange international

1.1 Comment s’explique l’échange de biens complémentaires ?

A. Par les inégalités de dotations en ressources

Les conditions climatiques variables d’un pays à l’autre expliquent que les productions agricoles diffèrent : l’Afrique du Nord peut faire pousser des agrumes que l’Europe du Nord ne parvient pas à cultiver à coût raisonnable.

Les ressources du sous-sol ne se trouvent pas en même quantité : certains pays sont richement dotés en pétrole, d’autres le sont en phosphate, d’autres encore en minerai de fer.

Ainsi, les pays échangent entre eux pour se procurer les biens qu’ils ne trouvent pas sur leur territoire.

B. Par les différences de coûts

Adam Smith (théorie des avantages absolus, 1776) montre qu’il est intéressant pour les pays de se spécialiser dans les biens pour lesquels ils possèdent un avantage absolu en termes de coût, et d’importer les autres biens du reste du monde. La production de richesses augmente avec la spécialisation. Par exemple, la Chine se spécialise dans les productions industrielles, l’Inde dans les productions de services.

Cependant, Adam Smith n’évoque pas le cas des pays qui ne disposent d’aucun avantage absolu. David Ricardo (théorie des avantages comparatifs, 1817) indique que même les nations qui ne connaissent aucun avantage absolu doivent se spécialiser dans les productions pour lesquelles elles sont le moins désavantagées par rapport aux autres nations. Là encore, il en résulte un accroissement des quantités produites.

1.2 Comment s’expliquent les avantages comparatifs des nations ?

A. Par l’existence de rendements croissants

L’avantage comparatif d’un pays peut s’expliquer par les économies d’échelle réalisées au moment de la production. Parce qu’il produit en grande quantité, un pays voit ses coûts unitaires baisser plus vite (rendements croissants) que les pays qui produisent moins. D’ailleurs, même si où aucun pays ne disposait d’avantage comparatif, la spécialisation internationale et l’échange entre les pays serait préférable en présence de rendements croissants, comme le montre Paul Krugman (1989). Encore une fois, la production de richesses s’accroît grâce à la spécialisation.

B. Par des dotations différentes en facteurs de production

E. Hecksher, B. Ohlin et P. Samuelson (loi des dotations en facteurs de production ou théorème HOS) concluent que les pays obtiennent un avantage comparatif selon leurs dotations en facteurs de production. Ils doivent se spécialiser dans les productions qui incorporent le facteur relativement le plus abondant sur leur territoire (travail non qualifié, travail qualifié, capital, terre). C’est la relative abondance du facteur qui fait que son coût est comparativement plus faible.

Ainsi, les pays qui disposent d’une main-d’œuvre abondante ont intérêt à se spécialiser dans les productions nécessitant beaucoup de main-d’œuvre : par exemple, la Chine utilise sa main-d’œuvre abondante (travail peu qualifié), et l’Allemagne son savoir-faire technologique (travail très qualifié).

2. La similitude dans l’échange international

2.1 Qu’est-ce que la similitude dans l’échange international ?

A. Un commerce de produits similaires

Si l’on suit la loi des avantages comparatifs ou encore la loi des dotations en facteurs de production, on débouche sur une logique de l’échange international en terme de complémentarité. La spécialisation des pays fait qu’ils importent des biens différents de ceux qu’ils exportent, conformément à ce que l’on nomme « commerce interbranche ».

Or, l’observation des échanges réels montre que les échanges internationaux portent en grande partie sur des produits similaires : les pays exportent des biens qu’ils importent également, dans le cadre de ce que l’on appelle « commerce intrabranche » ou « commerce croisé » : par exemple, la France exporte du vin aux États-Unis, mais en importe aussi de Californie.

B. Un commerce entre pays semblables

La loi des dotations en facteurs de production laisse supposer que les pays qui commercent entre eux sont de différente nature : les pays en développement exportent vers les pays développés des biens utilisant surtout le facteur travail, lesquels exportent vers les pays en développement des biens utilisant surtout le facteur capital. Là encore, l’observation des échanges montre que la réalité est plus complexe : les pays développés commercent surtout entre eux (pour plus de 70 % de leurs exportations) et assez peu avec les pays en développement. Les échanges ont donc plutôt lieu entre des pays à niveau de développement voisin.

2.2 Comment expliquer la similitude dans l’échange international ?

A. Par l’importance de la demande interne

Un produit est d’abord conçu pour satisfaire une clientèle sur un territoire. D’ailleurs, plus la taille du pays est grande, plus il est possible de réaliser des économies d’échelle, c’est-à-dire de faire naître un avantage comparatif. Par la suite, lorsque ce produit est destiné à l’exportation, il intéresse surtout les pays dont le niveau de vie permet de se l’offrir, donc des pays au niveau de vie comparable à celui du pays exportateur. Les téléviseurs à écran plat et les iPod sont surtout écoulés, dans un premier temps, dans les pays développés.

B. Par une demande de différence de la part des consommateurs

Les produits que les pays échangent dans le cadre du commerce intrabranche ne sont pas totalement homogènes : une automobile Renault n’est pas identique à une automobile Mercedes. Les ménages cherchent à se démarquer en matière de consommation et expriment une demande de variété.

C. Par la différenciation des produits

Pour Paul Krugman (1989), le commerce de similitude s’explique aussi par l’existence d’économies d’échelle (ou rendements croissants). Par exemple, lorsque plusieurs pays fabriquent chacun tous les éléments d’une gamme de produits, les économies d’échelle réalisées sont peu importantes. Si ces pays différencient leur production en fabriquant un seul élément de la gamme de produits, les économies d’échelle apparaissent ; par exemple, un constructeur automobile produirait des 4×4 dans un pays, des cabriolets dans un autre, des berlines dans un troisième. Des flux croisés d’exportation et d’importation de véhicules automobiles s’observent ainsi entre pays, mais ces véhicules sont différenciés.

3. Le rôle des entreprises mondiales

dans l’échange international

3.1 Comment les entreprises organisent-elles leur production

à l’échelle mondiale ?

Les entreprises organisent leur production à l’échelle mondiale dans le cadre de ce que l’on appelle la décomposition internationale des processus productifs (DIPP). Le processus de production d’un bien est réparti entre plusieurs pays selon leurs avantages comparatifs respectifs, au lieu que toutes les étapes du processus soient répétées à l’identique dans plusieurs pays. Ainsi, à chaque étape du processus de production, il est possible de réaliser des économies d’échelle, même si la décomposition des processus de production induit des coûts de transport plus élevés entre les différentes étapes.

La DIPP ne devient rentable que lorsque les gains obtenus grâce à la réalisation d’économies d’échelle l’emportent sur les suppléments de coûts d’acheminement des sous-ensembles de production d’une étape à l’autre du processus.

3.2 Quel est le poids des entreprises dans le commerce mondial ?

Les entreprises mondiales sont à l’origine d’un commerce intrafirme qui représente près du tiers du commerce mondial. Ce commerce « fermé » correspond aux exportations et importations entre filiales d’un même groupe implantées dans des pays différents. Ce type de commerce concerne bien entendu des activités dont le processus de production peut être décomposé (exemples : automobile, électronique).

Chapitre 5

Les finalités de la croissance

1. De la croissance à l’amélioration du niveau de vie

1.1. Comment la croissance est-elle mesurée ?

A. La définition de la croissance

On définit la croissance économique comme l’augmentation soutenue, pendant une longue période, d’un indicateur représentatif du volume de la production d’un pays, de la richesse qu’il crée. Fréquemment, on retient le produit intérieur brut (PIB) comme mètre étalon de ce niveau d’activité, mais il est possible d’en retenir d’autres (par exemple, le produit national brut - PNB).

B. Le calcul du PIB

Dans la pratique, le PIB est calculé « au prix du marché » : il est égal à la somme des valeurs ajoutées des entreprises résidentes augmentée du montant de la TVA et des droits de douane et diminuée des subventions aux importations.

Pour tenir compte de l’intervention de l’État et de son poids dans la création de la valeur ajoutée, le PIB tient compte depuis 1997 à la fois de la production marchande et de la production non marchande. La production est dite marchande lorsqu’elle est vendue sur un marché à un prix qui couvre au moins 50 % des coûts de production et dans le but de réaliser un profit. Elle est dite non marchande lorsqu’elle est fournie aux agents gratuitement ou quasi gratuitement, c’est-à-dire à un prix inférieur à 50 % des coûts de production. Elle est composée uniquement de services. Par ailleurs, pour tenir compte de la hausse des prix, le PIB est calculé aussi à prix constant, c’est-à-dire déduction faite de l’inflation.

C. La contribution des agents et des secteurs à la croissance

La consommation des ménages est une composante essentielle de la croissance économique française puisqu’elle représente approximativement 60 % de son total (loin devant l’investissement des entreprises ou les dépenses de l’État). Cette consommation est par ailleurs de plus en plus tournée vers les services : on parle de tertiarisation de l’économie française.

1.2. Quels sont les effets de la croissance ?

A. Les effets de la croissance sur les revenus

Puisque le PIB mesure la richesse que dégage une nation donnée, le PIB par habitant mesure le revenu moyen d’un agent de cette même nation. Comme son nom l’indique, il est égal au rapport du PIB à la population totale d’un pays. Toutefois, une hausse de la croissance économique n’entraîne pas forcément une hausse du revenu moyen par habitant. Pour que ce soit le cas, il faut que la hausse du PIB soit supérieure à la hausse éventuelle de la population, c’est-à-dire que la hausse de la croissance ne soit pas la seule résultante d’une utilisation d’une plus grande quantité de main-d’œuvre mais d’une utilisation plus intensive, plus productive de cette dernière.

B. Les effets de la croissance sur le niveau de vie

Par ailleurs, la croissance économique, notion quantitative, ne doit pas être confondue avec le niveau de vie, notion plus qualitative. Le niveau de vie prend en compte l’accès à certains biens ou à certains services (soins, Internet…).

Même si la liaison n’est pas automatique, de manière générale une hausse de la croissance doit permettre d’augmenter le revenu moyen des habitants d’une nation donnée et les autoriser à accroître leur consommation ainsi que leur niveau de vie. Ces finalités de la croissance sont d’ailleurs assez évidentes au niveau mondial : généralement, les pays ayant les meilleurs PIB par habitant sont aussi ceux qui ont les meilleurs niveaux de vie.

2. Le développement économique

2.1. Qu’est-ce que le développement économique ?

A. La notion de développement économique

La notion de développement est très différente de celle de croissance. Le développement désigne un processus de long terme, en partie quantitatif mais surtout qualitatif, de transformation des structures économiques, démographiques, sociales ou encore culturelles d’une nation donnée. Le sous-développement désigne a contrario la situation de nations qui n’arrivent pas à faire croître le volume de leur produit intérieur ni à améliorer leur niveau de vie, et ce à cause des dysfonctionnements de leur organisation économique et sociale.

B. Les indicateurs du développement économique

Le développement possède plusieurs dimensions et nécessite à ce titre plusieurs indicateurs pour le mesurer. Les plus usuels sont le PIB par habitant, l’indicateur de développement humain (IDH) et l’indicateur de pauvreté humaine (IPH).

Le PIB par habitant, indicateur de développement le plus frustre, permet de mesurer la richesse produite par la nation et par individu, mais présente l’inconvénient d’être uniquement quantitatif et ne permet pas de mettre en relief les problèmes d’inégalités ou de répartition de la richesse créée. Il permet toutefois d’évaluer en partie le potentiel de développement de la nation.

L’indicateur de développement humain synthétise quant à lui trois indices spécifiques : un indice de niveau de vie (le PIB par habitant corrigé des extrêmes), un indice de longévité (l’espérance de vie à la naissance) et un indice de savoir (incluant le taux d’alphabétisation des adultes et le nombre moyen d’années d’études). Cet indice doit permettre d’évaluer les progrès accomplis et ceux restant à accomplir par les nations, de déterminer les domaines d’action prioritaires et de procéder à des comparaisons spatiales et temporelles du développement.

Enfin, l’indicateur de pauvreté humaine mesure les privations ou exclusions fondamentales que peut supporter une partie de la population, pour les pays en développement (IPH-1) et, avec des seuils différents, pour les pays développés (IPH-2). Il tient compte de quatre critères auxquels il accorde le même poids : la probabilité de décéder avant 60 ans (40 ans pour l’IPH-1), l’illettrisme (d’analphabétisme pour l’IPH-1), le pourcentage de personnes en deçà du seuil de pauvreté, et le pourcentage de chômeurs de longue durée (uniquement pour l’IPH-2).

2.2. Quels sont les liens entre croissance et développement économique ?

Croissance et développement sont des notions interdépendantes. La croissance économique ne peut durablement s’installer que si elle s’appuie sur un développement robuste. Système éducatif performant, compétence de la main-d’œuvre ou infrastructures adéquates sont autant d’éléments nécessaires à la création de valeur, à l’augmentation du PIB.

En retour, le développement va pouvoir se nourrir de cette richesse créée pour améliorer de nouveau le niveau de vie et les conditions dans lesquelles vivent les agents. Le développement est une fin dont la croissance économique est le moyen.

Chapitre 6

Le développement durable

1. La notion de développement durable

1.1 Quelles sont les limites de la croissance et du développement économique ?

A. Les limites du PIB

L’utilisation de la croissance économique comme mesure de l’activité connaît des limites. Certes, elle représente un indicateur simple et pratique facilitant les comparaisons internationales de performances économiques, mais elle omet par ailleurs nombre de facteurs.

Premièrement, en utilisant le PIB, on omet un grand nombre d’activités économiques pourtant productives, de la production domestique au bénévolat en passant par les activités plus informelles (le travail au noir par exemple).

Deuxièmement, l’utilisation du PIB ne prend pas en compte un certain nombre de nuisances, ou pire, les intègre comme des contributions positives : par exemple, une nouvelle usine polluante augmentera le PIB du montant de la valeur ajoutée créée mais ne déduira pas le coût des maladies ou des inconvénients qu’elle génère.

Troisièmement, le PIB sous-estime les activités non marchandes, puisque ces dernières sont évaluées à leur coût de production alors que les activités marchandes sont, elles, comptabilisées au prix du marché.

B. La contrainte environnementale

La volonté de consommer toujours plus, d’améliorer sans cesse la croissance et le développement économique, peut amener l’humanité dans une impasse. D’une part parce que nos ressources sont limitées et que leur capacité à se renouveler n’est pas automatique : sans elles, croissance et développement sont impossibles. D’autre part, parce qu’une activité humaine trop intensive peut dégrader l’écosystème au point de rendre l’environnement difficilement vivable.

1.2 Qu’est-ce que le développement durable ?

A. La définition du développement durable

Le développement durable a été défini en 1987, dans un rapport de la ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland intitulé « Notre futur à tous », comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

B. Les trois axes du développement durable

Le développement doit concilier croissance économique, respect des équilibres naturels de la planète, et respect des équilibres sociaux : ce sont les trois axes du développement durable. Dans ce but, il doit reposer sur trois principes fondamentaux.

C. Les trois principes du développement durable

a) Le principe de solidarité

Le principe de solidarité recouvre la solidarité entre les personnes d’une même génération, car une société qui avance ne peut être une société qui exclut, mais aussi la solidarité intergénérationnelle : « on ne transmet pas notre planète à nos enfants, nous ne faisons que la leur emprunter ».

Ce principe met en avant les dimensions sociale et écologique du développement et affirme donc le nécessaire rôle de l’État dans ces domaines.

b) Le principe de précaution

Le développement doit s’appuyer sur le principe de précaution. Ce principe postule qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir et que, pour chaque politique menée, chaque produit vendu, chaque action entreprise, il faut évaluer les risques potentiels pour les agents et l’environnement et proscrire tout ce qui peut avoir des effets dommageables et/ou irréversibles.

c) Le principe de participation

Le développement doit tenir compte du principe de participation : pour être légitime, le développement doit prendre en compte l’avis de chacun, en s’appuyant sur des organisations représentatives et démocratiques. On ne peut rechercher un développement durable sans s’appuyer sur la participation de tous les acteurs de la société civile.

2. Le développement durable en pratique

2.1 Quels sont les indicateurs du développement durable ?

Qui dit plusieurs axes et plusieurs principes dit aussi plusieurs indicateurs. Le développement durable nécessite donc de nombreux indicateurs pour quantifier chacune de ses dimensions économique, écologique et sociale. Les indicateurs les plus fréquemment utilisés sont l’empreinte écologique et les PIB verts.

A. L’empreinte écologique

L’empreinte écologique mesure la pression qu’exerce l’homme sur la nature. Elle évalue la surface productive nécessaire à une population pour répondre à ses besoins de consommation et d’absorption de déchets : c’est la taille minimale que devrait avoir l’île de Robinson Crusoë pour lui permettre de vivre, manger, cultiver, disposer d’eau potable et traiter ses déchets.

B. Les PIB verts

Les PIB verts, comme l’indicateur de progrès véritable (IPV), de nature assez variée, ont pour principe commun d’exprimer le PIB en le corrigeant de ses faiblesses. Soustraction des activités polluantes ou réparatrices de dégâts et addition des activités non évaluées bien que sources de bien-être (comme le bénévolat) doivent permettre d’exprimer le PIB de manière plus juste, davantage en accord avec le développement durable.

2.2 Comment mettre en œuvre un développement durable ?

A. La notion d’externalité

La croissance économique est source d’externalités. On appelle externalité (ou effet externe) toute action générant des coûts (externalité négative) ou des bénéfices (externalité positive) qui ne sont pas supportés ou accaparés par l’agent qui en est à l’origine. Si je pollue sans payer la dépollution, je crée une externalité négative. Si j’investis dans des machines limitant les rejets toxiques sans être rémunéré pour cela, je crée une externalité positive.

B. Les instruments du développement durable

Pour corriger ces externalités, trois instruments sont envisageables : les instruments fiscaux, réglementaires et économiques. Ces instruments sont les outils que peuvent utiliser les décideurs politiques lorsqu’ils souhaitent mettre en œuvre des politiques visant à promouvoir le développement durable. Ces outils ont pour objectif d’orienter les processus de décision des agents en les incitant à avoir des comportements éco-citoyens.

Les instruments fiscaux consistent à taxer les activités générant des externalités négatives ou à subventionner les activités générant des externalités positives. Le bonus-malus écologique est un bon exemple de ces écotaxes.

Les instruments réglementaires consistent à interdire ou limiter la production de certains biens ou services jugés nocifs : interdiction des CFC dans les réfrigérateurs, par exemple.

Les instruments économiques visent à créer des marchés relatifs à ces externalités pour que les prix intègrent naturellement les nuisances générées : par exemple, le marché des permis d’émission (portant sur le dioxyde de carbone) mis en place suite au protocole de Kyoto.

Chapitre 7

La dynamique de la croissance

1. Le rôle du travail et du capital

1.1 Quel est l’impact du travail sur la croissance économique ?

A. Les dimensions quantitative et qualitative du travail

La quantité de travail disponible dans un pays est mesurée par sa population active. La population active peut être définie comme l’ensemble des individus exerçant ou déclarant chercher à exercer une activité rémunérée. Elle comprend donc la population active occupée et les chômeurs.

La qualité du travail est une donnée importante. Elle est notamment améliorée par la formation et l’accroissement de la qualification des travailleurs. La formation permet une meilleure adéquation entre les offres et les demandes d’emploi, rend les travailleurs plus efficaces, améliore leur polyvalence, leur réactivité et leur flexibilité. Les diplômes, l’expérience ou encore la formation continue permettent d’améliorer la qualité des produits et des services fournis.

B. La productivité du travail

D’un point de vue quantitatif, plus une unité de facteur de production produit, plus sa mise en œuvre est efficace. Ce rapport entre la quantité produite et la quantité de facteurs de production utilisée se nomme la productivité.

Loin d’être constante, la productivité du travail peut être augmentée : nouvelle méthode d’organisation du travail, progrès technique, meilleure cohésion sociale sont autant de moyens d’amener chaque unité du facteur travail à produire plus. Ces gains de productivité permettent, à coût quasi constant, de produire plus et donc de dégager plus de richesses. Ce surcroît de recettes permet de dégager davantage de valeur ajoutée et donc engendre une plus grande croissance du PIB au niveau national.

1.2 Quel est l’impact du capital sur la croissance économique ?

Le capital est un stock d’actifs permettant de produire des revenus monétaires ou des biens et/ou des services visant à être vendus. Le capital peut se déprécier (les machines s’usent par exemple), mais on peut aussi l’accumuler et le faire croître en investissant. La comptabilité nationale assimile l’investissement à la formation brute de capital fixe (FBCF), définie comme la valeur des biens durables acquis par les unités productives résidentes afin d’être utilisés dans le processus de production pour une durée supérieure à un an. La productivité du capital mesure quant à elle la quantité produite par unité de capital utilisé dans la production.

Chaque unité de capital aide les travailleurs à mieux produire : c’est l’ordinateur qui facilite le travail d’écriture de la secrétaire, le bulldozer qui permet à l’ouvrier du bâtiment d’effectuer son travail plus rapidement, le Smartphone qui permet au cadre de mieux gérer ses rendez-vous et sa communication… En permettant à chaque travailleur d’être plus efficace, plus productif, plus performant, l’accumulation de capital a ainsi un impact fondamental sur la croissance économique.

2. Le rôle du progrès technique

2.1 Qu’est ce que le progrès technique ?

Le progrès technique peut être défini comme l’ensemble des innovations entraînant une transformation ou un bouleversement des moyens et méthodes de production, de l’organisation du travail, des produits et des marchés ou encore des structures de l’économie.

Il trouve sa source dans la recherche scientifique, dans les innovations de produit ou de procédé, dans les innovations organisationnelles ou encore dans l’amélioration des conditions de travail.

2.2 Quel est l’impact du progrès technique sur la croissance économique ?

Si à court terme le progrès technique a plutôt tendance à détruire des emplois (substitution de capital au travail), à long terme il crée un « effet de déversement » engendrant la création de nombreux emplois. En effet, la réduction des coûts qu’il autorise engendre une création de richesse supplémentaire, une augmentation du pouvoir d’achat et l’apparition de nouveaux besoins dont la satisfaction nécessite des créations d’emplois.

Par ailleurs, le progrès technique, qui requiert un personnel qualifié pour le créer puis le mettre en œuvre, a tendance à changer la structure des emplois en élevant la demande et l’emploi des personnes qualifiés et en favorisant le chômage des personnes peu ou pas qualifiées.

Enfin, le progrès technique a tendance à améliorer fortement la productivité du capital en rendant les équipements plus productifs, et à accélérer l’obsolescence des équipements déjà présents dans l’entreprise.

L’ensemble de ces éléments fait du progrès technique un facteur essentiel de croissance à long terme, puisqu’il permet d’accroître le volume du PIB sans avoir recours à plus de facteurs de base. Recherche, éducation, formation, polyvalence, infrastructure sont autant d’éléments qui améliorent la capacité des facteurs à produire de la richesse.

2.3 Comment promouvoir le progrès technique ?

La stimulation du progrès technique s’appuie tout d’abord sur l’éducation, la formation et la polyvalence. Pour encourager le progrès technique, il faut donc promouvoir le capital humain, lequel se définit comme l’ensemble du savoir, du savoir-faire et des aptitudes que possède un agent.

Miser sur le progrès technique implique ensuite l’utilisation intensive des nouvelles technologies. En favorisant la productivité, l’innovation, la modernisation des services publics et l’évolution des sciences et des technologies, celles-ci constituent un important facteur de progrès et de croissance.

Enfin, le développement du progrès technique nécessite un engagement important de l’État, notamment dans la promotion et le développement des infrastructures, qui sont un moyen d’assurer la fourniture de biens et la prestation de services qui concourent à la croissance économique et contribuent à la qualité de vie.

3. Le rôle des firmes multinationales

3.1 Qu’est-ce qu’une firme multinationale ?

Une firme multinationale (FMN) est une firme possédant ou contrôlant des entreprises implantées dans plusieurs pays. Cette situation passe notamment par des investissements, les investissements directs à l’étranger (IDE), qui consistent en des achats de titres d’entreprises par des agents non-résidents afin d’obtenir un intérêt durable et la capacité d’exercer une influence dans leur gestion. Ils peuvent prendre la forme d’une création d’entreprise, du rachat d’une entreprise existante, ou encore d’une simple prise de participation dans le capital d’une entreprise, à condition que cela permette d’obtenir un pouvoir de décision effectif dans la gestion.

3.2 Quel est l’impact des FMN sur la croissance ?

L’impact des FMN – tout comme celui des IDE – sur la croissance mondiale est à différencier suivant que l’on considère les pays d’accueil de ces firmes ou de ces investissements, ou bien les pays d’origine.

Pour les pays d’accueil, ce sont des facteurs de croissance. Ils alimentent la demande globale et améliorent les capacités de production, ce qui incite les États et les collectivités locales à développer leur attractivité vis-à-vis des investisseurs étrangers.

Pour le pays d’origine, les effets sont plus ambigus. D’un côté, cela peut engendrer des suppressions d’emploi, notamment s’il s’agit de délocalisations ou d’investissements qui auraient pu être menés sur le territoire national. D’un autre côté, sur une période de temps plus longue, les IDE peuvent être synonymes d’exportations et de demande supplémentaire en provenance du pays d’accueil.

Chapitre 8

Les inégalités entre les agents

et entre les nations

1. Les inégalités de revenus

1.1 Comment se répartissent les revenus primaires ?

A. Le partage de la valeur ajoutée

La valeur ajoutée d’une entreprise mesure la création de richesses dont elle est responsable. On l’obtient en déduisant du chiffre d’affaires l’ensemble des consommations intermédiaires (achats de biens ou de services) que l’entreprise a dû effectuer pour fonctionner. La richesse globale que dégage ainsi une nation permet notamment le paiement des revenus primaires qui sont de deux types : revenus du travail et revenus du capital.

B. Revenus du travail et revenus du capital

Les revenus du travail sont ceux que perçoit l’agent en échange d’une activité productive. Le salaire est le plus connu d’entre eux, mais il existe d’autres exemples de revenus que l’agent touche en contrepartie du travail qu’il fournit : prime d’ancienneté, 13e mois, prime pour réalisation d’objectifs…

Les revenus du capital, quant à eux, sont liés à la détention d’un actif ; c’est pourquoi on les appelle aussi « revenus de la propriété ». Dividendes de l’actionnaire, coupons du détenteur d’obligations, intérêts touchés sur l’épargne illustrent ce type de revenu. Non liés au travail fourni par leur détenteur, les revenus du capital sont de deux ordres : revenus immobiliers ou fonciers perçus à la location d’un bien immobilier (logement, boutique…) et revenus mobiliers représentatifs de titres financiers (actions, obligations…).

Ces deux types de revenus ne sont pas mutuellement exclusifs : il est tout à fait possible de percevoir les deux à la fois. Un salarié qui met en location un appartement qu’il a acheté et qui place une fraction de son épargne sur un portefeuille boursier touchera simultanément des revenus du travail (salaire et primes) et des revenus de la propriété (loyer et dividendes) ; il n’y a pas d’incompatibilité. En revanche, il existe des revenus à la frontière des deux, difficiles à classer ; on les nomme parfois « revenus mixtes ». L’entrepreneur individuel, artisan par exemple, n’est pas salarié puisqu’il est son propre patron. Ses revenus sont à la fois issus de son travail et de ses investissements dans le capital productif nécessaire à l’exploitation de son activité. Ce sont des revenus hybrides, entre les revenus du travail et du capital.

Le partage de la valeur ajoutée entre revenus du travail et revenus capital est conflictuel : à valeur ajoutée constante, les gains des uns se font au détriment des autres.

1.2 Comment se répartissent les revenus disponibles et le patrimoine ?

A. Le revenu disponible

Les revenus primaires des ménages ne correspondent pas aux revenus dont ils disposent effectivement pour consommer ou épargner. En effet, l’État, les collectivités locales ainsi que les organismes sociaux effectuent des prélèvements obligatoires (impôts et taxes) et des versements (aides sociales, allocations familiales, etc.), que l’ont nomme « revenus secondaires ». Ainsi, le revenu disponible des ménages est égal à la somme des revenus primaires et secondaires diminuée des prélèvements obligatoires.

B. Le patrimoine

Le patrimoine d’un individu correspond à l’ensemble des biens qu’il possède à un moment donné : biens meubles (œuvre d’arts, bijoux…), immeubles (appartements, maisons…), droits, créances... Le patrimoine net tient compte des dettes et des engagements financiers qu’il a contractés et qui viennent en déduction.

C. Les outils de mesure des inégalités

a) La courbe de Lorenz

Pour mesurer l’inégale répartition des revenus et des patrimoines, il est nécessaire de disposer d’outils. L’un des plus courants est la courbe de Lorenz ; cette courbe représente la répartition des richesses d’une population donnée entre ses différents déciles : du 1er décile regroupant les 10 % les plus pauvres au 9e décile regroupant les 10 % les plus riches. La bissectrice de ce graphique représente une égale répartition des richesses (10 % des agents détiennent 10 % des richesses, 20 % en détiennent 20 %, etc.). Toute courbe située sous cette diagonale implique une inégalité de répartition plus ou moins marquée.

b) L’indice de Gini

L’indice de Gini résume la courbe de Lorenz. Il est représenté graphiquement par la surface entre la courbe de Lorenz et la diagonale. Il est compris entre 0 (situation d’égalité parfaite) et 1 (situation la plus inégalitaire, où l’ensemble des revenus serait détenu par un seul individu).

c) La courbe de Kuznets

Lorsque les économies se développent, les inégalités évoluent. Kuznets a montré que cette évolution suivait deux tendances : dans les premiers stades de développement, les inégalités ont tendance à croître en faveur de ceux qui épargnent et investissent