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Le Jeu De L'Amour Et Du Hasard

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Catégorie: Sciences et Technologies

Soumis par: Caresse 14 mai 2012

Mots: 1023 | Pages: 5

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son identité.

Le lecteur ressent l’attirance qu’ont les personnages l’un pour l’autre. Leur trouble vient du fait que le langage utilisé n’est pas celui de leur classe (« le trait est joli assurément ; mais je te le répète encore, je ne suis point faite aux cajoleries de ceux dont la garde-robe ressemble à la tienne ») .C’est aussi visible car les personnages perdent leurs mots et ne maîtrisent plus le fil de la conversation (« je voulais moi-même te parler d’autre chose mais je ne sais plus ce que c’est », « tu m’as fait perdre mes idées aussi »).

Silvia reste méfiante pour ne pas succomber au charme de Dorante ; elle souhaite partir mais sans y parvenir (répétition de « Adieu » au milieu de la conversation et en aparté « je ne suis point partie »). Elle recentre alors la conversation sur l’objectif principal de cette rencontre : obtenir des informations sur son futur mari.

Dorante quant à lui se découvre tel qu’il est : il laisse parler son cœur (« je suis presque timide ») et au risque de paraître ridicule (« j’ai un penchant à te traiter avec des respects qui te feraient rire ») tente de se rapprocher de Silvia.

C’est un jeu de séduction qui commence et qui pose ses règles sur le souhait commun des jeunes gens : épouser quelqu’un de condition («Ce que tu as juré pour homme je l’ai juré pour femme »).

Les termes du jeu ponctuent le dialogue : des répliques courtes s’enchaînent très vite sur le principe des questions réponses ce qui donne du dynamisme à la scène. Pourtant, le sérieux et l’engagement reste présents (« serment », « jurer », « traité », « clause »).

On assiste à la naissance d’un sentiment qui semble être écrit même si les personnages s’en défendent (« on m’a prédit », « la prédiction me menacerait », « je n’ai point de foi à l’astrologie »).

Dorante est un homme qui maîtrise les codes de la galanterie. Respectueux et courtois, il se laisse aller au jeu de la séduction de façon ouverte et entreprenante (« notre aventure est unique ») face à de nouveaux sentiments qui naissent en lui. Toutes ces péripéties vont les conduire à une dérive de comportement qu’ils vont essayer de gérer chacun à leur façon : c’est la première opposition entre les deux personnages.

Dorante fait à Silvia une cour assidue (« je me console d’y perdre parce que tu y gagnes », « qu’il me fût permis de te demander ton cœur ») et la flatte pour chacun de ses faits et gestes (« cette fierté la te va à merveille »).

Silvia quant à elle se maîtrise et reste sur ses gardes car elle a peur des sentiments. Elle choisit de rester sur la défensive (« dis-moi qui es tu toi qui me parle ainsi ? ») et le registre ironique pour ne pas être prise au piège (« ah, ah, ah je te remercierais de ton éloge si ma mère n’en faisait pas les frais », « tu peux te passer de me parler d’amour, je pense ? »). Tous les compliments qu’elle veut adresser à Dorante sont faits par le biais de sa loyauté envers son maître (« ton attachement pour lui m’en donne bonne opinion, il faut qu’il est du mérite puisque tu le sers »).

Cette scène repose sur un quiproquo qui donne à la pièce sa véritable originalité. Les thèmes entrecroisés de l’amour, l’apparence et le milieu social sont abordés de façon simple et légère.

Silvia est troublée car elle doit décider elle-même de son destin et se rangera aux convenances de son milieu : il lui parait inconcevable de tomber amoureuse d’un valet même si celui-ci à toutes les qualités d’un gentilhomme.

A l’inverse Dorante est prêt à braver tous les préjugés pour épouser celle qu’il aime quelque soit son rang.

Le décalage dans la façon d’aborder ses sentiments reflète ce désaccord mais l’expression des marques de la séduction sous forme de jeu installe une certaine légèreté dans la pièce et permet au lecteur de se divertir grâce au comique de situation des personnages.