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Présentation Du Fmi

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Catégorie: Art

Soumis par: Caresse 02 juin 2012

Mots: 4099 | Pages: 17

...

cière de Bretton Woods.

Au moment de sa véritable entrée en vigueur, en 1947, le FMI avait donc deux missions principales: promouvoir la coopération monétaire internationale, et faciliter le développement équilibré des échanges commerciaux internationaux, par la mise en place d'un régime de paiements multilatéral des transactions courantes ainsi que par la suppression des entraves au commerce mondial.

Le FMI est aujourd'hui, dans une certaine mesure, loin de sa composition et de ses missions initiales, car la régulation des taux de change relève essentiellement des marchés monétaires. Et une crise comme celle du Mexique en 1995 a par exemple montré l'insuffisance des fonds du FMI vis à vis de la masse des capitaux privés circulant dans le monde.

Néanmoins, le rôle de l'organisation reste, encore actuellement, de tout premier ordre en ceci qu'elle permet aux différents Etats de participer pleinement à l'économie mondiale.

Le FMI, dont le siège se trouve à Washington, est en effet ouvert à tous les Etats souverains, et il est administré par un Conseil des gouverneurs, instance suprême de l'institution, composé des représentants respectifs de chacun des Etats membres. Les affaires courantes sont, elles, conduites par un conseil d'administration présidé par un directeur général (qui par tradition est toujours européen ou du moins ressortissant d'un pays autre que les Etats-Unis).

• Fiche d’identité

Nombre de pays membres : 188 pays

Siège : Washington, États-Unis

Conseil d’administration : 24 administrateurs représentant des pays et groupes de pays

Effectifs : environ 2.610, originaires de 154 pays

Total des quotes-parts : 365 milliards de dollars (au 12 mars 2012)

Complément de ressources promis ou engagé : 600 milliards de dollars

Encours des prêts (au 12 mars 2012) : 254 milliards de dollars, dont 176 milliards non tirés

Principaux emprunteurs (montants convenus au 12 mars 2012) : Grèce, Portugal, Irlande

Crédits de précaution les plus importants (montants convenus au 12 mars 2012) : Mexique, Pologne, Colombie

Consultations au titre de la surveillance : achevées pour 128 pays au cours de l’exercice 2011 et pour 112 pays au cours de l’exercice 2012 au 5 mars 2012

Assistance technique : prestations dans les pays pour l’exercice 2011 = 198,2 personnes-année

Transparence : en 2010, plus de 90 % des rapports des services du FMI et des documents de politique générale relatifs à l’article IV et à des programmes ont été publiés

Objectifs : l’article premier des Statuts du FMI énonce les objectifs fondamentaux suivants :

• promouvoir la coopération monétaire internationale;

• faciliter l’expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial;

2 . Histoire du FMI depuis 1941

Le FMI (Fonds Monétaire International) a été fondé en juillet 1944 à la conférence monétaire de Bretton Woods. Les grandes orientations données à cette organisation à l'issu de cette conférence restent encore aujourd'hui valides dans leurs grandes lignes.

La Grande-Bretagne et les Etats-Unis décident en 1941 de réfléchir à un nouveau système capable d'assurer la stabilité dans l'économie mondiale de l'après-guerre. Les Etats-Unis mettent en avant plusieurs objectifs qu'ils considèrent essentiels. Ils veulent :

Restaurer la stabilité des changes et empêcher le retour aux dévaluations compétitives.

Un mécanisme d'assistance pour aider les pays dont la balance des paiements est en déficit, afin d'empêcher le recours au protectionnisme.

Dès 1941, John Maynard Keynes et Harry Dexter White (haut fonctionnaire du Trésor américain) commencent à diffuser des textes proposant une réforme monétaire internationale.

Les projets des deux hommes sont très proches :

Ils considèrent que les conflits commerciaux de l'entre-deux-guerres sont à l'origine du déclenchement de la deuxième Guerre mondiale.

Ils veulent restaurer la stabilité des changes et la convertibilité des monnaies.

Ils préconisent la création d'organisations internationales chargées de faciliter la mise en œuvre d'une coopération économique et monétaire entre les nations.

Une dizaine de pays alliés sont conviés en juin 1944 à Atlantic City afin de proposer une charte (qui sera présentée à Bretton Woods) pour cette nouvelle organisation qui prend le nom de Fonds Monétaire International.

La conférence de Bretton Woods a lieu alors que tous les participants se souviennent de la situation économique de l'entre-deux-guerres et plus particulièrement de crack de Wall Street et de la dépression économique et sociale qui l'ont suivi.

En décembre 1945, les nations recommencent à coopérer, le libre échange est restauré, les monnaies sont stables et l'économie mondiale connaît une phase d'expansion sans précédent.

Depuis sa création, le FMI a traversé deux grandes phases

Jusqu'en 1973 :

Le FMI surveille la mise en place d'un système où les principales monnaies sont convertibles entre elles avec un système de taux de change fixe rattaché à l'or.

Il fournit des financements à court terme aux pays ayant besoin de devises pour maintenir la convertibilité de leur monnaie ou pour justifier leur économie en fonction de l'évaluation de la conjoncture.

En 1978, la deuxième phase débute avec l'amendement des statuts qui élargit les fonctions du FMI

Le FMI continue à demander à ses pays membres de garantir la convertibilité de leur monnaie.

Il surveille les politiques économiques qui influent sur la balance des paiements des pays membres dans le système actuel de taux de change.

Il continue de fournir une aide financière à court et à moyen terme aux pays membres qui font face à des difficultés temporaires de balance des paiements

3 . Organisation

• Les instances de décision

Le FMI n'est pas une institution indépendante, il est dirigé par des représentants des Etat membres rassemblés au sein des différentes instances de décisions.

Le Conseil des gouverneurs

C'est l'instance suprême de décision

Il est investi de tous les pouvoirs

Il est composé d'un gouverneur et d'un gouverneur suppléant par Etat membre (ce sont des ministres de finances ou des gouverneurs de banques centrales)

Il se réunit une fois par an en assemblée générale pour examiner les activités du FMI et adopter de grandes décisions (Par exemple : la révision des statuts, l'admission de nouveaux pays membres…)

Comme ils ne se réunissent que rarement, les gouverneurs délèguent une grande partie de leurs pouvoirs au Conseil d'administration.

Le Conseil d'administration

Les 24 administrateurs siègent en permanence à Washington.

5 d'entre eux sont nommés directement par leur pays (Etats-Unis, Japon, Allemagne,

France et Royaume-Uni)

La Russie, la Chine et l'Arabie Saoudite ont aussi leur propre administrateur.

Tous les autres Etats membres doivent se rassembler au sein de « circonscriptions (groupes de pays).

Le Conseil d'administration tient au moins deux séances par semaines

Il conduit les affaires courantes relatives à la surveillance des politiques de change, à l'octroi de concours financiers, aux consultations avec des Etats membres, à l'évolution de la doctrine, ou encore aux questions administratives et budgétaires.

Le Directeur général

Il dirige les services et préside le Conseil d'administration par lequel il est choisi pour 5 ans. Par convention tacite, le directeur général est européen (le Président de la Banque mondiale est un Américain).

Le Comité monétaire et financier international

Il a été créé en 1974.

Il est composé de 24 membres, au niveau des ministres ou des gouverneurs des banques centrales, qui se réunissent 2 fois par an : au printemps et pour l'assemblée générale des gouverneurs pour proposer aux gouverneurs des grandes orientations concernant le système monétaire international et le fonctionnement du FMI.

Le Comité de développement

C'est un organe consultatif.

Il est composé de 24 membres, ministres ou gouverneurs, chargés de conseiller les gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale sur les questions de transferts de ressources vers les pays en développement.

Il se réunit en même temps que le Comité monétaire et financier.

Les prises de décision.

Les États membres se voient attribuer un minimum de 250 droits de vote auxquels viennent s'ajouter une voix supplémentaire pour chaque droit de tirage spécial de quote-part versée.

Des votes formels ont rarement lieu, car la plupart des décisions sont prises sur la base d'un consensus entre tous les États membres. Mais lorsqu'un consensus ne peut pas être dégagé, les décisions sont prises sur la base d'un vote des administrateurs ou des gouverneurs. Dans ce cas, c'est un règle de majorité simple qui s'applique à la plupart des décisions (50 % des droits de vote). Une règle de majorité qualifiée de 70 % des votes s'applique à certaines décisions importantes. Enfin, une majorité de 85 % des votes est requise pour les décisions qui engagent l'avenir du Fonds (par exemple pour les ventes d'or). Dans ce cas, certains pays ou groupes de pays peuvent exercer un droit de veto.

Les statuts du FMI adoptés à Bretton Woods comportent 31 articles qui définissent ses objectifs et les règles de son fonctionnement. Le FMI est fondé comme une institution permanente chargée de maintenir un fonctionnement harmonieux du système monétaire international. Pour cela, il doit favoriser les échanges d'information entre les pays membres, encourager la concertation entre les responsables monétaire et mettre sur pied des mécanismes de coopération internationale afin d'empêcher les actions unilatérales.

• L’ organigramme

4 . Son rôle

Le rôle actuel du FMI...

Les missions essentielles :

Ayant vocation à veiller au rétablissement des équilibres financiers, le FMI s'est acquitté de sa mission en plaçant la contraction de la demande intérieure et la dévaluation au centre de ses programmes d'ajustement. Le fonds a complété le dispositif en mettant en place des réformes plus structurelles (son rôle se rapprochant d'ailleurs de celui de la Banque Mondiale) ; promouvoir l'offre par une libéralisation des marchés intérieurs, démanteler les obstacles aux échanges extérieurs et réduire le poids de l'Etat dans l'économie.

Rôle de préteur en dernier ressort (encadré par des règles), rôle d'information, de surveillance, de prévention des risques, d'assistance technique, de développement des changes et de stabilité.

Fonctionnement et ressources :

Les quotes parts sont les souscriptions des pays membres. Elles sont établies suivant la taille et la part des échanges internationaux de chaque économie. Ces contributions conditionnent le poids relatif de leur vote et leur capacité à tirer sur les ressources du Fonds en cas de besoin. Elles sont exprimées en DTS (droits de tirages spéciaux établies par rapport à un panier de monnaies).

Les décisions sont prises à la majorité des voix. Pour tout choix important, la majorité de 85% des voix est requise. Avec environ 18% des voix, les Etats-Unis disposent d'une minorité de blocage et peuvent donc contrôler l'allocation des prêts.

Outils d'intervention :

Le FMI a mis en place des :

" accords de confirmation " : ils permettent de répondre à des crises de balance des paiements. Les remboursements ont lieu entre 18 mois et 5 ans après le décaissement.

" accords élargis " : sont des plans de moyen terme dont la durée est en général de 3 à 4 ans. Les caractéristiques sont les mêmes que pour les accords de confirmation, à l'exception de la période de remboursement qui va de 4 à 10 ans.

Crées en 86 et 87, la FAS (facilité d'ajustement structurel) et la FASR (facilité d'ajustement structurel renforcé) offrent des prêts très avantageux destinés à soutenir les réformes structurelles entreprises dans les pays à faible revenus. Les pays bénéficiaires se fixent des objectifs structurels et conjoncturels pour une période de 3 ans. LE remboursement s'étale sur 5 à 10 ans.

Enfin, la FFCI (Facilité de financement compensatoire de financement pour imprévus) et le mécanisme de financement des stocks régulateurs sont des outils plus spécifiques qui permettent de répondre à une variation jugée temporaire des recettes d'exportation ou des coûts d'importation.

Efficacité :

Avec des engagements qui atteignent le ¼ de l'aide financière promise pour la Thaïlande et l'Indonésie et plus du 1/3 pour la Corée (comme pour le Mexique en 1995), le FMI est la clé de voûte des plans de sauvetage. Seul interlocuteur à disposer des moyens de surveillance suffisants pour vérifier l'application des réformes demandées, il joue un rôle crucial dans l'organisation et l'exécution des plans. Par ailleurs, le FMI joue un rôle en rassurant les marchés internationaux par un effet d'annonce visant à modifier leurs anticipations.

Enfin, l'efficacité de l'intervention du FMI s'est accrue avec quelques réformes importantes qui devraient lui permettre d'accroître ses ressources : en janvier 1998, une progression de 45% des quote parts a été adoptée par le Conseil des gouverneurs du FMI. Ceci a permis de porter le total des quote parts à 212 milliards de DTS. En cas de problèmes, le recours à l'emprunt peut compléter les ressources ordinaires dans le cadre des Accords Généraux d'emprunts (AGE) ou des Nouveaux Accords d'emprunts (NAE). Le FMI ne risque donc pas de se trouver à court de liquidité.

B. ...a montré ses limites

Les interventions récentes du FMI dans la crise asiatique et son incapacité à anticiper cette crise ont suscité un vif débat particulièrement aux Etats-Unis. Les plans asiatiques prônées par le FMI ont été trop focalisés sur les normes budgétaires et sur l'exigence déplacée de réformes structurelles empiétant sur la souveraineté des Etats. Par ailleurs, les experts ont dénoncé l'inefficacité de ces plans qui ont encore amplifié l'effet récessif de la crise. En Indonésie par exemple, la fermeture de 16 banques a semé la panique dans la population et provoqué un retrait massif des dépôts.

Le FMI tend donc à être de plus en plus critiqué. La critique porte sur ces interventions à coups de milliards (d'argent public) pour aider les pays en difficultés et rattraper les erreurs des intervenants du privé (aléa moral). La crise asiatique a montré que l'injection massive d'argent ne règle pas tous les problèmes (surtout si les pouvoirs publics des pays sont trop faibles pour pouvoir utiliser correctement ces sommes) et invite à reconsidérer le rôle et les moyens d'intervention du FMI. De plus, avec la globalisation financière, les sommes en jeu deviennent trop importantes. Le FMI est donc contraint d'aider les pays avec de plus en plus d'argent (public) ce qui à terme n'est pas tenable.

De même, le déroulement de la crise asiatique a montré que les plans élaborés par le FMI se sont révélés insuffisants pour stopper l'hémorragie. Les vieilles méthodes d'octroi de garanties publiques et de moratoires sélectifs se sont tardivement révélées indispensables en Corée et en Indonésie. Adoptées plus rapidement, l'amplitude des dévaluations et la hausse des taux d'intérêts domestiques auraient été moindres. Le FMI doit donc également réformer ses instruments d'interventions pour plus de rapidité et d'efficacité.

Par ailleurs, les interventions du FMI sont de plus en plus jugées comme trop peu discrètes. L'idée soutenue par les experts est que les interventions " tonitruantes " du FMI font paniquer les investisseurs qui se disent : " Si le FMI est là, mieux vaut se retirer ". LE FMI jouerait presque un rôle procyclique en faveur de l'accentuation des crises (phénomène auto réalisateur).

Les critiques dénoncent également l'absence de transparence du fonds, la toute puissance des Etats-Unis dans la prise de décision, le manque de fiabilité des informations diffusées sur les pays et la faillite des méthodes de surveillance. Ainsi, le détournement des fonds du FMI par la Russie a mis à jour l'insuffisance des moyens de contrôle du FMI dans le suivi de l'utilisation des fonds prêtés. Le système même de fonctionnement du FMI est critiqué : le FMI n'impose aucune utilisation spécifique des fonds prêtés (à la différence de la banque mondiale) mais demande uniquement que le pays mette en œuvre tout un ensemble de " bonnes " mesures prônées par le fonds. Toute la question et toutes les critiques tournent d'ailleurs autour de cette question ; les mesures prônées par le FMI sont-elles bonnes ? Les crises récentes semblent avoir révélé certaines faiblesses et invitent encore une fois à reconsidérer une partie du rôle du FMI.

Surtout, le FMI semble trop strict, trop sur de l'universalité de sa pensée (conversion rapide à l'économie de marché, régime de change souple, privatisations…) et incapable de reconsidérer ses décisions malgré ses erreurs. Beaucoup souhaite une démarche plus critique du FMI.

5 . Le FMI doit aujourd'hui se réformer

• De nouveaux modes d'intervention pour un nouveau rôle :

La première évolution pourrait aller vers l'abandon de la technique dite de la " courte laisse " qui subordonne l'obtention de prêts à l'accomplissement de tout un ensemble de réformes avec un suivi trop détaillé et pointilleux. L'idée pourrait être de fonder les versements d'aides aux pays les moins avancés sur les résultats passés et non sur les promesses de respect des conditions et d'évaluer les résultats par une large revue périodique plutôt que par une surveillance permanente.

Des précautions minimales doivent être mises en place :

Les mouvements de capitaux ne doivent pas excéder ce que l'économie d'accueil peut assumer, ce qui suppose un renforcement préalable des structures financières.

L'ouverture aux capitaux de long terme doit être privilégiée car les entreprises et les agences d'évaluation disposent d'un temps plus long pour se forger une opinion reposant sur les fondamentaux.

Ainsi, le FMI pourrait être amené à jouer un rôle de pilotage dans l'ouverture contrôlée des pays émergents aux mouvements de capitaux, ce qui suppose une extension de ses compétences.

Dans un contexte d'interdépendance croissante des économies, les mécanismes de concertation sont inadaptés avec une trop large place faite aux pays industrialisés. Il convient donc de mettre en place de véritables normes mondiales mais surtout d'élargir les instances de concertation aux pays émergents. La France a ainsi proposé de réformer l'instance politique du FMI, à savoir le comité intérimaire, dans le sens d'un renforcement, allant jusqu'à donner un pouvoir exécutif direct à cette instance ministérielle.

L'augmentation des quotes parts du FMI (45%) est une bonne initiative pour renforcer l'impact de l'intervention du FMI. De même, la crise asiatique a donné naissance à un nouvel outil: la facilité de réserve supplémentaire. Elle a été créée pour la Corée qui bénéficie d'un décaissement anticipé pour régler les difficultés exceptionnelles liées à sa balance des paiements. Cette difficulté résulte de l'incapacité à couvrir à court terme un grand besoin de financement en raison d'une perte soudaine et déstabilisatrice de confiance du marché. Avec cet outil le FMI a réduit le délai minimum de mise à disposition des engagements accordés. Malgré tout, il faudrait que le FMI accompagne ses aides économiques et ses plans de sauvetage de mesures plus sociales pour éviter que se reproduisent les événements qui ont eu lieu en Indonésie par exemple.

Par ailleurs, la mobilisation systématique de fonds publics pour sauver la mise d'investisseurs privés peu précautionneux ne serait pas raisonnable car leur déresponsabilisation aggraverait les dysfonctionnements du marché financier (perte de la notion d'acuité du risque). La solution pourrait être de développer le rôle du FMI en tant que négociateur. Un mécanisme de coopération pourrait ainsi être institué entre le FMI, les grandes institutions des principales places financières et leurs autorités.

Ainsi, le FMI ne peut plus régler les crises à lui tout seul. Il doit développer de nouveaux instruments pour se recentrer vers un rôle de prévention et d'accompagnement. Aujourd'hui, le règlement des crises ne peut s'effectuer de manière efficace qu'en multipliant les intervenants et les acteurs

.

• De nouveaux intervenants pour une action partagée

Est-il légitime que le FMI intervienne pour limiter les pertes des investisseurs privés imprudents, dont le comportement a au demeurant contribué à amplifier la crise ? La communauté internationale ne dispose pas des outils de régulation qui permettent de limiter l'ampleur des corrections et le risque de contagion. Pour l'instant, le FMI a pu éviter le pire mais pour combien de temps ? La fonction de prêteur en dernier ressort du FMI entretient l'idée erronée chez les investisseurs que les pouvoirs publics se substitueront à eux pour assumer les pertes de positions spéculatives hasardeuses, dès lors qu'elles seraient susceptibles de mettre en péril leur solvabilité et d'engendrer un risque systémique.

Les banques jouent un rôle majeur dans l'intégration des économies en décollage ou en transition dans l'économie mondiale. Leur régulation est donc décisive. Des systèmes de garantie de dépôts et une surveillance des risques de crédit et de marché doit être mis en place dans les pays concernés. Ainsi le rôle de surveillance du FMI dans le domaine bancaire doit être affirmé et renforcé.

La régulation du seul secteur bancaire ne saurait toutefois suffire. Elle doit s'étendre également aux entreprises. Les entreprises doivent être transparentes et fournir les informations nécessaires pour l'actionnaire. La pratique des conglomérats en Corée ne permet pas d'atteindre ces objectifs par exemple. La transparence est la condition nécessaire car son défaut empêche les investisseurs de prendre des décisions rationnelles et elle prive les organismes de contrôle au premier rang desquels le FMI des éléments indispensable à une action préventive. Il apparaît en fait indispensable d'associer les investisseurs privés à la résolution des crises.

Les experts soulignent que l'argent du FMI ne peut pas tout. Pour la crise asiatique par exemple, il a préconisé la mise en place de procédures de renégociation en emprunteurs et prêteurs, pour obtenir un rééchelonnement ou un moratoire sur la dette. Pour lui, le rôle du FMI et ses interventions avec des plans de sauvetage de plusieurs milliards va disparaître au profit de mécanismes de renégociation où le FMI jouera un rôle capital pour que se rencontrent les différents partenaires. Cela éviterait en plus de dépenser des sommes très importantes d'argent public.

La doctrine du FMI est déjà en train d'évoluer sur plusieurs points : création de la FRS; également, dans le dernier plan indonésien de juillet 1998, il a très nettement assoupli ses exigences en matière de réformes structurelles et d'orthodoxie budgétaire. De même, le FMI pourrait être autorisé à déclarer des pauses pour le versement des obligations dues afin de laisser à la communauté internationale le temps de s'organiser et de répartir la charge de redressement du pays. Enfin, le FMI doit s'ouvrir aux pays en voie de développement toujours pour favoriser la recherche du consensus : en effet, est-il normal que l'Inde et la Chine pèsent moins que les Pays-Bas au sein de la direction du FMI alors que leur pouvoir d'achat est respectivement 4 et 10 fois supérieur ? Le FMI doit opérer une petite révolution intellectuelle. Il doit désormais développer un rôle d'accompagnateur, plus discret, plus souple et plus ouvert à la critique dans ses interventions et ses prises de décision.

(transition à ta partie)

Selon les experts, le FMI dans 10 ans existera encore mais il aura beaucoup changé : " Plus transparent et moins interventionniste, le FMI aura renoncé à jouer les proconsuls du monde développé ". Le FMI s'est réformé récemment pour faire face aux nouveaux défis qui l'attendent. Le comité intérimaire est transformé en comité monétaire international aux missions plus larges ce qui donne plus de pouvoirs aux politiques. Ce nouveau comité surveillera la gestion et l'adaptation du système financier et monétaire international, l'évolution de la liquidité mondiale et le transfert réel des ressources vers les pays en voie de développement. L'objectif est également d'associer les ministres des finances aux décisions (auparavant le comité intérimaire ne leur donnait qu'une voix consultative). En fait, le rôle du FMI doit évoluer vers plus de souplesse, la recherche du dialogue pour accompagner et aider les PVD tout en mettant en œuvre des règles prudentielles pour prévenir ou éviter les crises. Mais à bien des égards, le FMI ne peut continuer seul dirigés par quelques grandes puissances comme il le fait aujourd'hui pour régler les crises mondiales.