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Registres Employés Pour Convaincre Et Ersuader Dans Ces Textes

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Catégorie: Philosophie

Soumis par: Bruce 16 décembre 2011

Mots: 4186 | Pages: 17

...

petites chattes, répétait Gaga. Ce n’est pas sain. Elles sortaient vivement, en jetant un regard sur le lit. Mais, comme Lucy, Blanche et Caroline étaient encore là, Rose donna un dernier coup d’œil pour laisser la pièce en ordre. Elle tira un rideau devant la fenêtre ; puis, elle songea que cette lampe n’était pas convenable, il fallait un cierge ; et, après avoir allumé l’un des flambeaux de cuivre de la cheminée, elle le posa sur la table de nuit, à côté du corps. Une lumière vive éclaira brusquement le visage de la morte. Ce fut une horreur. Toutes frémirent et se sauvèrent. — Ah ! elle est changée, elle est changée, murmurait Rose Mignon, demeurée la dernière. Elle partit, elle ferma la porte. Nana restait seule, la face en l’air, dans la clarté de la bougie. C’était un charnier, un tas d’humeur et de sang, une pelletée de chair corrompue, jetée là, sur un coussin. Les pustules avaient envahi la figure entière, un bouton touchant l’autre ; et, flétries, affaissées, d’un aspect grisâtre de boue, elles semblaient déjà une moisissure de la terre, sur cette bouillie informe, où l’on ne retrouvait plus les traits. Un œil, celui de gauche, avait complètement sombré dans le bouillonnement de la purulence ; l’autre, à demi ouvert, s’enfonçait, comme un trou noir et gâté. Le nez suppurait encore. Toute une croûte rougeâtre partait d’une joue, envahissait la bouche, qu’elle tirait dans un rire abominable. Et, sur ce masque horrible et grotesque du néant, les cheveux, les beaux cheveux, gardant leur flambée de soleil, coulaient en un ruissellement d’or. Vénus1 se décomposait. Il semblait que le virus pris par elle dans les ruisseaux, sur les charognes tolérées2, ce ferment dont elle avait empoisonné un peuple, venait de lui remonter au visage et l’avait pourri. La chambre était vide. Un grand souffle désespéré monta du boulevard3 et gonfla le rideau. - À Berlin ! à Berlin ! à Berlin !

1. Nana débute sa carrière de comédienne en interprétant la Blonde Vénus au Théâtre des variétés, où son succès tient moins à son bien médiocre talent d’actrice qu’à son audace et à la séduction de son corps nu, voilé d’une simple gaze. 2. On peut voir dans cette expression une allusion aux maisons de tolérance, établissements offrant les services de prostituées. 3. L’un des boulevards dessinés par Haussmann, préfet de Paris, sous Napoléon III. Haussmann a, en effet, présidé aux énormes changements qu’a connu la capitale sous le Second Empire. Il est ainsi responsable du percement des grands boulevards Sébastopol, Magenta, Arago, Voltaire, Diderot, Cours de Vincennes, Malesherbes, SaintGermain, puis de celui des avenues Kléber, Foch, Victor Hugo, Niel, Friedland, Iéna, etc.

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Consignes

Vous allez réaliser une lecture analytique partielle de ce texte en suivant point par point « la méthode à suivre » ci-dessous. Cette lecture répondra à la question suivante :

En quoi le dernier portrait de Nana dépasse-t-il le traitement naturaliste ?

Vous développerez cette lecture en deux axes : 1. Un portrait naturaliste a) Un ancrage spatio-temporel réaliste b) Des personnages réalistes c) Une évocation presque médicale du corps de Nana 2. Un portrait qui dépasse la dimension naturaliste a) Un portrait hyperbolique : entre horreur et fascination b) Un travail de mise en scène c) Un portrait à la portée symbolique et politique

Méthode à suivre

Voici une lecture analytique répondant à cette question. Vous allez la compléter en rédigeant : 1. une introduction : - où vous débuterez par une brève présentation de l’auteur, de l’œuvre, du type de texte et de son thème ; - où vous vous présenterez la question posée et ferez l’annonce du plan ; 2. les paragraphes a et c de l’axe 1 et les paragraphes a et b de l’axe 2 : - une phrase d’introduction présentera chaque axe étudié ; - chaque paragraphe comportera une idée générale, son explication et sa justification par l’analyse du texte ; 3. une conclusion.

Lecture analytique à compléter

[Introduction à rédiger] [Axe 1 : phrase d’introduction et paragraphe a à rédiger] [Paragraphe b] Ensuite, les personnages féminins, présents autour du cadavre, présentent un caractère réaliste. Elles sont identifiables socialement : il s’agit de cinq courtisanes, représentatives de leur époque. En effet, il n’est pas de personnage important, sous le Second Empire qui n’entretienne une courtisane. Elles sont désignées ici par leur surnom, qui est aussi souvent un pseudonyme : Gaga, Lucy, Caroline, Blanche et Rose Mignon. L’uti-

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lisation du discours direct permet à Zola de « faire entendre » de façon immédiate les personnages par le lecteur et d’imiter les tournures familières de leur milieu : « Filons, filons, mes petites chattes ». Enfin, les réactions successives de ces femmes, qui passent brusquement d’une « longue insouciance » à la « panique » en apercevant le corps de leur amie en train de se décomposer, contribuent elles aussi à ce portrait réaliste. Les mots « panique » et « insouciance », utilisés en contraste dans la même phrase traduisent bien le mouvement affolé des femmes qui prennent soudain conscience de la situation. [Paragraphe c à rédiger] [Axe 2 : phrase d’introduction et paragraphe a à rédiger] [Paragraphe b à rédiger] [Paragraphe c] Enfin, la scène décrite comporte une visée symbolique et politique. En effet, Zola ne se contente pas de décrire les effets de la maladie et de la mort mais il ajoute des termes à connotations morales très négatives : « corrompue », « horrible et grotesque », « dont elle avait empoisonné venait de lui remonter au visage et l’avait pourrie », « dans un rire abominable ». De fait, la décomposition du corps de Nana, symbolise la décomposition du régime. La référence à la pourriture rappelle un thème développé tout au long du roman : celui de la contamination de la société par la vénalité. Tout s’achète et tout se vend, y compris l’amour, comme en témoigne la présence de ces prostituées dans la chambre. Zola développe ainsi toute une thématique de la corruption, qui est aussi celle de ce régime : « charognes tolérées » (allusion aux maisons de tolérance), «ferment », avec des références à la boue, à la pourriture et à la moisissure. Nana a « empoisonné un peuple » et sa mort, sa décomposition coïncident avec la décomposition et l’effondrement du Second Empire. Métonymiquement, Nana est le régime entier, travaillé par la prostitution et la corruption et il y a bien, chez Zola, une visée politique évidente qui va au-delà de l’objectivité naturaliste. [Conclusion à rédiger]

Barème

(à titre indicatif)

introduction (2 points), développement (16 points), conclusion (2 points).

N’oubliez pas de joindre la notice individuelle que vous trouverez dans ce livret, avec le 1er devoir, pour le professeur correcteur. a

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Devoir 1 – FR20-11

D evoir 2

Attention Important

à envoyer à la correction

Collez l’étiquette codée FR20 – DEVOIR 02 sur la 1re page de votre devoir. Si vous ne l’avez pas reçue, écrivez le code FR20 – DEVOIR 02, ainsi que vos nom et prénom. La saisie informatisée des devoirs ne permet aucune erreur de code. Veuillez réaliser ce devoir après avoir étudié la séquence 2.

Objet d’étude

genres et formes de l’argumentation, XVIIe et XVIIIe siècles

Objectifs du devoir Ce devoir évalue votre capacité à répondre à des questions sur un corpus de textes. Il vous propose de rédiger une écriture d’invention à partir d’un texte de Voltaire, auteur que vous avez déjà étudié dans le groupement de textes de la séquence 2. Pour réaliser ce devoir, vous devez connaître les acquis de la séquence 2 sur les genres et formes de l’argumentation, savoir reconnaître les genres littéraires et les types de textes, ainsi que les registres qui y ont été étudiés (les Fiches Méthode doivent avoir été lues et assimilées). Ces textes complètent votre connaissance des divers aspects de l’engagement des auteurs au service de la critique sociale, principalement au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle.

Corpus de textes

Texte A : Voltaire, Candide, extrait du chapitre III. Texte B : Boris Vian, « Lettre ouverte à Monsieur Paul Faber », conseiller municipal (1955). Texte annexe : Boris Vian, « Le déserteur ».

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Texte A. Voltaire, Candide, extrait du ch.III (1759)

Marqué par deux événements récents, le tremblement de terre de Lisbonne (1755) et la guerre de sept ans (1756) qui lui inspirèrent cette réflexion : « Presque toute l’histoire est une suite d’atrocités inutiles » (Essai sur l’histoire générale, 1756), Voltaire compose Candide où son héros, chassé du meilleur des mondes possibles, le château du baron de Thunder-ten- tronckh, va parcourir le monde. Voici un extrait du chapitre III de ce conte philosophique dans lequel Candide, enrôlé de force dans l’armée bulgare, découvre la guerre, en l’occurrence celle qui oppose les abares et les bulgares.

COMMENT CANDIDE SE SAUVA D’ENTRE LES BULGARES, ET CE QU’IL DEVINT

Rien n’était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu’il n’y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d’abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d’hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque. Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d’aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d’abord un village voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés. Candide s’enfuit au plus vite dans un autre village : il appartenait à des Bulgares, et des héros abares l’avaient traité de même. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des ruines, arriva enfin hors du théâtre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n’oubliant jamais mademoiselle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu’on y était chrétien, il ne douta pas qu’on ne le traitât aussi bien qu’il l’avait été dans le château de monsieur le baron avant qu’il en eût été chassé pour les beaux yeux de mademoiselle Cunégonde.

Voltaire, Candide (1759)

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Texte B. Boris Vian, « Lettre ouverte à Monsieur Paul Faber », conseiller municipal (1955)

Dans cette lettre adressée à un conseiller municipal de l’époque, Boris Vian, poète, romancier, critique musical et chansonnier, justifie sa chanson « Le déserteur » (cf. texte annexe), dans laquelle il clame son refus d’aller se battre en Indochine. « Non, Monsieur Faber, ne cherchez pas l’insulte où elle n’est pas et si vous la trouvez, sachez que c’est vous qui l’y aurez mise. Je dis clairement ce que je veux dire ; et jamais je n’ai eu le désir d’insulter les anciens combattants des deux guerres, les résistants, parmi lesquels je compte bien des amis, et les morts de la guerre - parmi lesquels j’en comptais bien d’autres. Lorsque j’insulte (et cela ne m’arrive guère) je le fais franchement, croyez-moi. Jamais je n’insulterai des hommes comme moi, des civils, que l’on a revêtus d’un uniforme pour pouvoir les tuer comme de simples objets, en leur bourrant le crâne de mots d’ordre vides et de prétextes fallacieux. Se battre sans savoir pourquoi l’on se bat est le fait d’un imbécile et non celui d’un héros ; le héros c’est celui qui accepte la mort lorsqu’il sait qu’elle sera utile aux valeurs qu’il défend. Le déserteur de ma chanson n’est qu’un homme qui ne sait pas ; et qui le lui explique ? Je ne sais de quelle guerre vous êtes ancien combattant mais si vous avez fait la première, reconnaissez que vous étiez plus doué pour la guerre que pour la paix ; ceux qui, comme moi, ont eu 20 ans en 1940 ont reçu un drôle de cadeau d’anniversaire. Je ne pose pas pour les braves ; ajourné à la suite d’une maladie de cœur, je ne me suis pas battu, je n’ai pas été déporté, je n’ai pas collaboré - je suis resté, quatre ans durant, un imbécile sous-alimenté parmi tant d’autres - un qui ne comprenait pas parce que pour comprendre il faut qu’on vous explique. J’ai trente-quatre ans aujourd’hui, et je vous le dis : s’il s’agit de défendre ceux que j’aime, je veux bien me battre tout de suite. S’il s’agit de tomber au hasard d’un combat ignoble sous la gelée de napalm, pion obscur dans une mêlée guidée par des intérêts politiques, je refuse et je prends le maquis. Je ferai ma guerre à moi. Le pays entier s’est élevé contre la guerre d’Indochine lorsqu’il a fini par savoir ce qu’il en était, et les jeunes qui se sont fait tuer là-bas parce qu’ils croyaient servir à quelque chose - on le leur avait dit - je ne les insulte pas, je les pleure ; parmi eux se trouvaient, qui sait, de grands peintres - de grands musiciens ; et à coup sûr, d’honnêtes gens. Lorsque l’on voit une guerre prendre fin en un mois par la volonté d’un homme qui ne se paie pas1, sur ce chapitre, de mots fumeux et glorieux, on est forcé de croire, si l’on ne l’avait pas compris, que celle-là au moins n’était pas inévitable. »

© La Cohérie Boris Vian.

1. Mendès-France, homme qui mit fin à la guerre d’Indochine par les accords de Genève.

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Texte annexe. Boris Vian, « Le déserteur »

Monsieur le Président Je vous fais une lettre Que vous lirez peut-être Si vous avez le temps Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir Monsieur le Président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur terre Pour tuer des pauvres gens C’est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision est prise Je m’en vais déserter Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en Provence Et je dirai aux gens : Refusez d’obéir Refusez de la faire N’allez pas à la guerre Refusez de partir S’il faut donner son sang Depuis que je suis né J’ai vu mourir mon père J’ai vu partir mes frères Et pleurer mes enfants Ma mère a tant souffert Elle est dedans sa tombe Et se moque des bombes Et se moque des vers Quand j’étais prisonnier On m’a volé ma femme On m’a volé mon âme Et tout mon cher passé Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années mortes J’irai sur les chemins

Le Déserteur Paroles de Boris Vian Musique de Harold Berg © Editions Musicales Djanik pour la France et le Benelux

Allez donner le vôtre Vous êtes bon apôtre Monsieur le Président Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n’aurai pas d’armes Et qu’ils pourront tirer

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Questions sur le corpus

1) Identifiez les genres des textes A et B et étudiez leur situation d’énonciation. (2 points) 2) Quel(s) aspects(s) de la guerre dénonce chacun des auteurs dans les deux textes du corpus ? (3 points)

(8 points)

Conseil méthodologique Question 2 : après avoir présenté chacune des deux positions, n’oubliez pas de présenter les éventuels points communs, divergences ou évolutions qui existent entre les deux textes.

3) Quels sont les registres employés pour convaincre et persuader dans ces deux textes ? Vous répondrez à la question de façon organisée et argumentée, en citant les textes, et en relevant les procédés stylistiques et rhétoriques qui caractérisent chacun des registres. (3 points)

Écriture d’invention

Sujet

(12 points)

Après avoir quitté le champ de bataille qui a opposé Bulgares et Abares, Candide prend la plume et écrit une lettre adressée à son précepteur Pangloss qui dénonce la guerre, sa violence et ses conséquences funestes. Vous rédigerez cette lettre, en prenant garde de respecter la mise en page et l’énonciation propres au genre de la lettre, et en utilisant le registre oratoire, grâce auquel Candide clamera son horreur de la guerre, ainsi que sa colère et son indignation devant ce dont il a été témoin. 2 points pour le respect du genre ; 4 points pour le respect du registre ; 3 points pour les idées, arguments et exemples ; 3 points pour l’expression et l’orthographe. a

Barème

N’oubliez pas d’envoyer la notice individuelle si vous ne l’avez pas jointe avec le 1er devoir

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D evoir 3

Attention Important

à envoyer à la correction

Collez l’étiquette codée FR20 – DEVOIR 03 sur la 1re page de votre devoir. Si vous ne l’avez pas reçue, écrivez le code FR20 – DEVOIR 03, ainsi que vos nom et prénom. La saisie informatisée des devoirs ne permet aucune erreur de code. Veuillez réaliser ce devoir après avoir étudié la séquence 3.

Objet d’étude

Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme

Objectifs du devoir Ce devoir évalue votre maîtrise de la lecture méthodique sur un extrait d’un roman réaliste. Pour réaliser ce devoir, vous devez donc maîtriser les connaissances abordées dans la séquence 1 et/ou approfondies dans la séquence 3 sur le roman et la nouvelle réalistes : savoir reconnaître les caractéristiques du mouvement réaliste à partir des études menées dans la séquence ; savoir rédiger un commentaire littéraire ; savoir expliquer un texte descriptif. Vous devez donc avoir au préalable réalisé les exercices autocorrectifs qui vous ont entraîné(e) à la technique du commentaire littéraire, avoir lu et assimilé les Fiches Méthode.

Corpus de textes

Texte A : Balzac, Le Colonel Chabert : « Le triomphe des apparences » Texte B : Balzac, Le Colonel Chabert : L’excipit

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Texte A : Balzac, Le Colonel Chabert « Le triomphe des apparences » (pp. 99-100 de l’édition Garnier-Flammarion)

Il fut reçu par elle dans une jolie salle à manger d’hiver où elle déjeunait en jouant avec un singe attaché par une chaîne à une espèce de petit poteau garni de bâtons en fer. La comtesse était enveloppée dans un élégant peignoir, les boucles de ses cheveux, négligemment rattachés, s’échappaient d’un bonnet qui lui donnait un air mutin. Elle était fraîche et rieuse. L’argent, le vermeil, la nacre étincelaient sur la table, et il y avait autour d’elle des fleurs curieuses plantées dans de magnifiques vases en porcelaine. En voyant la femme du comte Chabert, riche de ses dépouilles, au sein du luxe, au faîte de la société, tandis que le malheureux vivait chez un pauvre nourrisseur au milieu des bestiaux, l’avoué se dit : « La morale de ceci est qu’une jolie femme ne voudra jamais reconnaître son mari, ni même son amant dans un homme en vieux carrick, en perruque de chiendent et en bottes percées. » Un sourire malicieux et mordant exprima les idées moitié philosophiques, moitié railleuses qui devaient venir à un homme si bien placé pour connaître le fond des choses, malgré les mensonges sous lesquels la plupart des familles parisiennes cachent leur existence.

Texte B : Balzac, Le Colonel Chabert L’excipit (pp. 128 et130 de l’édition Garnier-Flammarion)

- Quelle destinée ! s’écria Derville. Sorti de l’hospice des Enfants trouvés, il revient mourir à l’hospice de la Vieillesse, après avoir, dans l’intervalle, aidé Napoléon à conquérir l’Égypte et l’Europe. - Savez-vous, mon cher, reprit Derville après une pause, qu’il existe dans notre société trois hommes, le Prêtre, le Médecin et l’Homme de justice, qui ne peuvent pas estimer le monde? Ils ont des robes noires, peut-être parce qu’ils portent le deuil de toutes les vertus, de toutes les illusions. Le plus malheureux des trois est l’avoué. Quand l’homme vient trouver le prêtre, il arrive poussé par le repentir, par le remords, par des croyances qui le rendent intéressant, qui le grandissent, et consolent l’âme du médiateur1, dont la tâche ne va pas sans une sorte de jouissance: il purifie, il répare, et réconcilie. Mais, nous autres avoués, nous voyons se répéter les mêmes sentiments mauvais, rien ne les corrige, nos études sont des égouts qu’on ne peut pas curer2. Combien de choses n’ai-je pas apprises en exerçant ma charge! J’ai vu mourir un père dans un grenier, sans sou ni maille, abandonné par deux filles auxquelles il avait donné quarante mille livres de rente !3 J’ai vu brûler des testaments4; j’ai vu des mères dépouillant leurs enfants, des maris volant leurs femmes, des femmes tuant leurs maris en se servant de l’amour qu’elles leur inspi1. médiateur : intermédiaire. Le prêtre est l’intermédiaire entre Dieu et les croyants. 2. curer : racler, nettoyer en profondeur. 3. Allusion au Père Goriot, autre roman de Balzac. 4. Allusion à la tentative de Mme de Restaud de brûler le testament de son mari pour dépouiller ses enfants dans Gobseck.

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raient pour les rendre fous ou imbéciles, afin de vivre en paix avec un amant. J’ai vu des femmes donnant à l’enfant d’un premier lit5 des goûts qui devaient amener sa mort, afin d’enrichir l’enfant de l’amour. Je ne puis vous dire tout ce que j’ai vu, car j’ai vu des crimes contre lesquels la justice est impuissante. Enfin, toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. Vous allez connaître ces jolies choses-là, vous; moi, je vais vivre à la campagne avec ma femme, Paris me fait horreur.

Questions (6 points)

D’après la lecture de ces deux textes, quelle est la place de Derville dans le roman ? (3 points) Quelle vision de la société proposent ces deux textes ? (3 points)

Remarques et conseils de méthode

Vous avez acquis la méthode de la lecture analytique : cette méthode d’analyse rigoureuse d’un extrait de roman vous permet d’aborder à la fois la lecture analytique et le commentaire littéraire. La recherche des axes et l’étude stylistique et lexicale sont nécessaires pour les deux exercices. Vous devez réinvestir les éléments de réponse concernant le texte B dans le commentaire. Chaque réponse doit présenter une introduction où vous rappellerez la question posée. Évitez, si vous le pouvez, de répondre d’abord sur un texte et ensuite sur un autre. N’oubliez pas de citer le texte à l’appui de vos propos.

Travail d’écriture commentaire littéraire

(14 points)

Vous rédigerez un commentaire littéraire de l’extrait B, dans son intégralité, à partir du parcours suivant :

Important

Axe 1

Un dénouement qui porte sur les personnages et élargit la réflexion à d’autres pans de la société Une conclusion qui présente une réflexion sur la condition humaine et sur l’écriture romanesque a

Axe 2

Votre commentaire comportera une introduction et une conclusion rédigées. La conclusion présentera un bilan de l’étude puis une ouverture (c’est-à-dire un élargissement) vers d’autres textes, vers des prolon dgements du thème du texte dans d’autres arts ou à d’autres époques.

5. d’un premier lit : d’un premier mariage.

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