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dossier partenariat et reseau ES

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Catégorie: Biographies

Soumis par: Elise 21 mars 2012

Mots: 4942 | Pages: 20

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x présidents des Conseils Généraux la responsabilité d’organiser les missions de l’aide sociale. La prévention spécialisée est l’une des missions de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), c’est donc une compétence départementale. Dans le département des Hauts de Seine, cette mission est confiée à 14 autres associations, intervenant dans 22 communes différentes.

Elle s’adresse aux jeunes en souffrance, marginalisés, pris dans un processus de rupture multiple. Son approche consiste à « aller vers » les jeunes, dans leur environnement afin de créer des relations de confiance pour ensuite mettre en place une intervention éducative à laquelle la personne adhère et accepte. La base du travail d’accompagnement, réalisé par les éducateurs repose sur les trois principes fondateurs de la prévention spécialisée ; la libre adhésion, le respect de l’anonymat ainsi que le non-mandatement administratif ou judiciaire. Pour autant, il existe d’autres principes moins souvent évoqués mais permettant d’apporter un éclairage complémentaire ; le partenariat, la non-institutionnalisation des activités et le support associatif. Le socle de pertinence de la prévention spécialisée se situe dans cette relation de confiance basée sur la libre adhésion des publics concernés et constitue la seule légitimité du professionnel qui s’y engage.

Pour mieux comprendre la prévention spécialisée, voici brièvement développés les principes mentionnés précédemment :

* Le non-mandatement, l’individu n’est pas désigné nominativement. On nomme globalement une population comme « marginalisée » « en rupture » avec son milieu de vie. Cependant, « absence de mandat » ne veut pas dire « absence de commande sociale ».

* La libre adhésion, est le seul principe que l’on retrouve dans l’arrêté de 1972, celui-ci souligne son importance. Il permet aux jeunes d’être libres d’adhérer aux propositions éducatives et demande aux professionnels d’aller vers les jeunes marginalisés, tout en respectant le temps nécessaire pour créer une relation.

* Le respect de l’anonymat, permet de laisser aux jeunes une certaine maîtrise de la relation. La finalité de l’intervention, reste cependant que le jeune sorte de cet anonymat afin de « devenir quelqu’un ».

* Le partenariat, est essentiel en prévention spécialisée et ne peut se limiter à un échange d’informations. Il n’est pas possible pour les éducateurs d’agir seuls. Pour faciliter l’accès des jeunes en difficulté, aux équipes de formation, de loisirs, au monde du travail, et améliorer les relations avec leurs familles, leurs environnements, les éducateurs doivent être en contact avec les institutions, les services, les intervenants etc.

* La non-institutionnalisation des activités, permet à la prévention spécialisée de garder une souplesse d’adaptation et de mobilité. La prévention spécialisée est tenue bien souvent de créer des réponses inexistantes dans le milieu concerné. C’est la capacité d’adaptation aux problèmes rencontrés qui légitime la diversité des actions mises en œuvre. Si l’action se révèle pertinente et doit perdurer car il s’avère qu’elle a répondu aux besoins préalablement constatés, un passage de relais avec d’autre institutions, d’autres partenaires de quartier, sera établi.

* Le support et le cadre associatif, sont plus favorables à l’exigence de souplesse, de proximité et d’adaptabilité.

La prévention spécialisée regroupe les « éducateurs de rue » qui travaillent dans les quartiers d’habitat social. Le quartier d’affaires de la Défense qui comme son nom l’indique, n’est pas un quartier d’habitation, fait de l’association un club de prévention atypique où, il faut savoir moduler certains outils pédagogiques en fonction des besoins du territoire.

Pour cela, l’association a développé des outils pédagogiques spécifiques autour de :

* La présence sociale, communément appelé « travail de rue »,

* L’accueil et ses « salamalecs »,

* L’accompagnement social,

* La culture et diverses activités de loisirs,

* L’emploi et la formation.

C’est à partir du premier contact et de la demande du jeune, que l’équipe éducative élabore avec lui son parcours d’insertion sociale et/ou professionnelle. Un suivi éducatif est mis en place en partenariat avec d’autres structures (de santé, de formation, d’hébergement…). Le suivi (ou accompagnement) permet de construire avec le jeune un projet personnalisé, l’amenant à son autonomie. Cet accompagnement a pour mission d’instaurer la confiance par l’écoute, le dialogue et le respect de la parole.

1er partie - Repérage du travail en partenariat et en réseau sur le territoire d’intervention du site qualifiant :

Tout d’abord, je définirais la notion de territoire, cette étape est indispensable pour aborder les questions du travail en partenariat et en réseau.

Du latin territorium qui désigne au moyen âge un certain nombre de fiefs et de localités sur lesquelles s’étend l’autorité du pouvoir ecclésiastique puis, les terres sur lesquelles s’exercent les lois et les pouvoirs d’un Etat. Aujourd’hui, la notion de territoire est partout, l’idée de territoire relève de la géographie mais aussi du droit. Deux définitions ont retenu mon attention et me semblent les plus appropriées à la notion de territoire utilisée dans le monde du social. « Etendue de la surface terrestre sur laquelle vit un être humain et spécialement une collectivité politique nationale » (Le Robert, 2004). « L’ensemble des lois et règlements s’appliquant aux habitants d’un territoire donné » (BRUNET, FERRAS, THERY, 2001). Le territoire implique des frontières administratives (communales, départementales…) mais aussi un aspect économique (bassin d’emploi) et renvoie à un espace vécu (le quartier, le village, le pays). Le marquage territorial est aujourd’hui parfois difficile à déchiffrer mais il est important d’en comprendre les enjeux. Pour cela, il faut définir la place et la fonction des intervenants sociaux dans ces logiques territoriales.

Dans un premier temps, je souhaite distinguer par champ d’intervention les différents acteurs que l’on retrouve dans cette association de prévention spécialisée pour ensuite, faire le distinguo entre les acteurs partenaires et les acteurs faisant partie du réseau. Etant donné que l’immersion des acteurs de prévention spécialisée dans la vie du territoire entraîne leur implication dans les divers champs d’intervention. On distingue cinq champs sensiblement différents quant à leurs objectifs et leurs méthodes d’action :

* Le champ de l’action éducative :

1. Les acteurs de l’action éducative sous mandat judiciaire ou administratif :

-Service de Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), Centre d’Action Educative (CAE)

-Service d’AEMO relevant des juges pour enfants et service d’AED relevant de circonscription de conseils généraux

-Service de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), chargé de prévention

2. Les acteurs liés aux institutions scolaires :

-Etablissements scolaires (4 Collèges et 2 Lycées)

-CIO de Courbevoie, Suresnes et Puteaux

-Les cellules de veille éducatives

3. Les acteurs impliqués dans les structures d’animation destinées à la jeunesse :

-Service Jeunesse Animation, Suresnes Animation, Culture du cœur, Le parc de la Villette …

* Le champ de l’action sociale et médico-sociale :

-Centre Communale d’Action Sociales (CCAS), Centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI), CMMde Suresnes, service ELSA de l’Hôpital FOCH

-CPAM 92, Caisse d’allocation Familiale (CAF) et la Sécurité Sociale

-Dispensaires d’hygiène mentale ; Ecoute Jeune à Courbevoie, CMP et CMPP, Lien social La Garenne

-CRIPS, Maison des adolescents secteur de Courbevoie, IPC (centre d’examen de santé conventionné par l’assurance maladie)

-Circonscription de Vie Sociale (CVS), Epicerie sociale, Association parélie, …

* Le champ de l’insertion économique :

-Les missions locales de Suresnes, Courbevoie et Puteaux, Espace insertion

-DEJ et ACTIVE (association intermédiaire), Pôle emploi, la cité des métiers de Nanterre

-diverses association ; ESPACE, APSV, AVEJ, EDI 92 Nord.

* Le champ du développement local :

-Les communautés d’agglomération (Seine Défense et Mont-Valérien) qui jouent un rôle de plus en plus important dans la mise en œuvre des politiques territoriales.

-les familles et habitants, les bailleurs sociaux, association d’habitants

-les chefs de projet « Politique de la Ville » et leurs équipes.

* Le champ de la sécurité publique :

-la police nationale et municipale (commissariat de la Défense, Courbevoie, Suresnes et Puteaux)

-la justice (juge pour enfant, juge d’instruction, procureur)

-le maire dans sa fonction d’officier de police judiciaire

- ALMS mis en place par la politique de la ville.

Je souhaiterais à présent, définir le travail en réseau puis celui en partenariat pour ensuite expliquer le rôle de ces différents acteurs énumérés précédemment.

D’après moi, le réseau est un ensemble de personnes étant en relation, en contact. Les liens peuvent être latents mais restent toujours existants. Cela permet de ne pas travailler seul et de construire autour de la personne un ensemble d’acteurs qui lui seront utile dans sa problématique. Ces personnes constituent le réseau et peuvent formaliser leurs relations pour se coordonner dans des dispositifs et des projets pour devenir des partenaires. Le réseau s’avère être un outil organisationnel au service du partenariat.

Le réseau va au-delà des relations interprofessionnelles : ouverture du réseau à des responsables locaux, à la population (habitants, usagers, associations de quartier, etc...).

Le réseau est un moyen de développer des pratiques interprofessionnelles nouvelles, dans une dynamique de coopération : pratiques fondées avant tout sur la transdisciplinarité, l'échange de compétences, le partage de diagnostic, des règles de non concurrence et l'absence de rapports hiérarchiques. Certains acteurs du réseau peuvent alors, ne pas avoir de lien direct avec la mission principale de l’institution. Cela permet de s’enrichir de la diversité des compétences des acteurs locaux. Le réseau doit être respectueux des positions de chacun, des différences d’interprétation tout en permettant aux participants de conserver la spécificité de leurs missions respectives. Les méthodes d’action sont alors à dimension collective.

Le fonctionnement en réseau permet de dépasser les logiques verticales de segmentation et casse les logiques horizontales de concurrences. Alors, des synergies se mettent en place et installent une coopération. L’organisation du réseau doit être élaborée avant tout au service des populations et des usagers avec eux et avec les acteurs locaux. Par ce biais, la place première est redonnée à l’usager.

L’intérêt du travail en réseau se décline en trois niveaux :

* Pour la personne :

-Bénéficier d’une prise en charge globale de sa situation.

-Lui permettre d’obtenir une réponse adaptée à sa problématique.

-Mieux repérer, sur le territoire (la ville, le quartier), les différents acteurs.

* Pour les professionnels :

-Echanger des connaissances et/ou des informations.

-Enrichir ses compétences.

-Mieux repérer les acteurs du territoire d’action où l’on agit.

-Favoriser la communication pour ne plus travailler isolément.

* Pour les institutions :

-Définir les objectifs, le champ d’intervention et le rôle de l’institution.

-Favoriser des politiques de prévention et de meilleure gestion.

Le partenariat est une relation contractuelle entre deux ou plusieurs personnes physiques ou morales concourant à la réalisation d’un projet par la mise en commun des moyens matériels, humains et financiers (AFNOR, cité par Nelly LESELBAUM en 1992).

De la racine latine « partitio, partitionis », le partenariat renvoie à la notion de « partage ». En anglais « partner » signifie « une personne associé à une autre ».

En France, dans les années 68-70, il était évoqué les « partenaires sociaux » dans le cadre de négociation salariales. Dans les années 80, le partenariat fait son entrée dans le monde économique. Ainsi le terme partenariat s’est diffusé du monde de l’entreprise vers l’ensemble de la société. Les politiques publiques ont repris ce vocabulaire, notamment à l’occasion de la naissance de la politique de la ville. Les premières politiques territorialisées (DSQ de 1981) mobilise les multiples acteurs du quartier populaire. Ensuite la crise du plein emploi, le RMI (1988) et la loi BESSON (1990) sur le logement des plus démunis ont contribué à ce que l’intervention sociale s’exerce dans des champs distincts spécialisant les différents intervenants dans des domaines précis. Cela induisant la nécessité pour les acteurs locaux, de travailler ensemble. On peut dire alors, que les politiques publiques territorialisées ont affirmé l’importance du partenariat.

Voici les principes de base de l’action partenariale :

* Le principe d’intérêt mutuel des partenaires : pour être viable un partenariat doit susciter une source d’intérêt pour les différentes parties.

* Le principe d’égalité des partenaires : le partenariat repose sur des relations d’égal à égal, non hiérarchique. C’est un rapport complémentaire et équitable.

* Le principe d’autonomie des partenaires : les différentes parties s’engage de leur propre chef et demeurent libres dans leur action. Rapport d’interdépendance.

* Le principe de coopération entre les partenaires : une entente partenariale s’inscrit dans un projet partagé. Projet qui les rassemble pour agir ensemble et définir un projet commun. Celui-ci n’a de sens que s’il y a entraide et échange, une contribution mutuelle différente mais jugée essentielle pour le projet.

* Le principe d’évaluation entre les partenaires : un partenariat s’inscrit au sein d’un espace temps limité nécessitant une évaluation continue, laissant place à des temps de négociation ou les parties peuvent changer ou cesser l’entente de coopération.

Il n’existe pas de partenariat sans organisation. L’analyse de son organisation permet d’identifier la nature de ce partenariat et donc de son intérêt.

L’intérêt du partenariat permet de:

-construire des réponses adaptées aux besoins observés.

-pallier aux limites de l’action de l’éducateur spécialisée.

-élargir le réseau du jeune sur son territoire d’habitation.

-ne pas rester seul face à la complexité des questions sociales et de faire appel aux ressources des autres acteurs.

Pour revenir à la liste des différents acteurs ; pour moi, la plupart font partis du réseau de l’association de prévention spécialisée, seuls quelques-uns font partis des partenaires. Pour cela, je souhaite développer plus précisément les objectifs de travail en partenariat.

* Le Chargé de prévention du service de l’ASE, l’une de ces missions est l’insertion et la prévention des jeunes de 16 à 25 ans, mission commune à celle du club de prévention spécialisée. Il travaille donc en partenariat sur divers projets ; les dispositifs de réussites éducatives sur le décrochage scolaire, « demain, tu seras adulte » qui est un outil (expo-jeu) du conseil général en faveur des collégiens…

* Les établissements scolaires (surtout les collèges), et plus exactement les assistants pédagogiques et les CPE qui travaillent en partenariat avec les éducateurs du club de prévention sur les programmes de réussites éducatives ou les classes relais. L’objectif commun est d’aider les élèves en difficulté à retrouver goût à l’apprentissage pour éviter le décrochage scolaire.

* Le parc de la Villette ; le partenariat a été créé avec une personne chargé de la programmation le but étant que les jeunes, aient accès à la culture. Cette personne à rencontré les éducateurs afin de proposer des activités culturelles appropriées au public accueilli en club de prévention.

* La circonscription de vie sociale, lieu d’accueil où l’on rencontre surtout des assistants de service social de secteur pour des difficultés d’ordre juridique, d’insertion sociale ou professionnelle, financière et administrative. Les missions sont alors très similaire à celles du club de prévention spécialisée ces pour cela que le partenariat et essentiel afin de ne pas faire du travail en doublon.

* Les missions locales, accompagnent les jeunes dans le cadre de leurs démarches d’emploi ou de formation. Les jeunes bénéficient alors, d’un suivi personnalisé. Lorsqu’ un jeune rencontre d’autres problèmes insertion sociale (logement, santé…), les conseillers de mission locale font appel aux éducateurs du club de prévention pour prendre en charge le jeune si, celui-ci est d’accord. Pareillement, les jeunes accueillis au club de prévention, rencontrant des problèmes d’insertion professionnelle sont mis en relation par les éducateurs avec les conseillers de mission locale. Un travail est ensuite fait entre ces deux professionnels sur la situation du jeune permettant de construire des réponses adaptées aux besoins observés du jeune.

2ème partie - Exemple de travail en partenariat auquel j’ai participé :

J’ai choisi de travailler sur le travail en partenariat au sein des réunions CLIJ. Dans un premier tant, j’expliquerais l’origine et la fonction de cette action partenariale pour en dégager les acteurs et leurs rôles.

La loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales a confié aux départements la responsabilité de la création, du financement et de la gestion du Fonds d’aides aux jeunes (FAJ).

En 2005, le Conseil départemental d’insertion et l’assemblée départementale ont approuvé la création d’un Fond d’aide aux jeunes dénommé Fonds d’Insertion Jeune (FIJ) dans les Hauts de Seine.

Pour une gestion de proximité du fond départemental, le règlement opte pour deux modalités d’intervention :

* Soit une gestion directe par le service départemental de L’Aide Sociale à l’Enfance, territorialement compétent.

* Soit une gestion par délégation aux communes et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) volontaires.

Les communes d’interventions du club de prévention ont choisi de laisser cette gestion au service de l’ASE. Pour cela, l’ASE doit se charger d’organiser et d’animer les CLIJ.

Cette commission consiste à examiner les demandes et décider de l’octroi et du montant des aides assorties (FIJ), le cas échéant, de mesures d’accompagnement des jeunes. Ces commissions constituent un lieu d’échange entre partenaires autour de l’insertion des jeunes en difficulté et permettent d’organiser l’accompagnement de ceux qui sont les plus éloignés de l’insertion.

Les partenaires présents lors de cette commission sont les même vers qui les jeunes doivent aller pour constituer un dossier de demande :

* La Circonscription de Vie Sociale, représentée par un travailleur social.

* Le service départemental de l’ASE, représenté par un référent ASE ainsi que du chargé de prévention.

* La mission locale, représenté par un conseiller.

* Le club de prévention spécialisée, représenté par un des éducateurs.

* Le Foyer de Jeunes Travailleurs, représenté par son directeur.

* Le CCAS, représenté par un assistant de service social de secteur.

La commission se rassemble une fois par mois, en alternant le lieu de rendez-vous chez chacun des partenaires. Les situations qui présentent un caractère d’urgence, sont traitées directement par le service de l’ASE. Les dossiers relatifs aux aides attribuées dans ce cadre sont présentés lors de la CLIJ suivante. Les décisions sont prises à la majorité des membres présents. En cas de partage des voix, le référent ASE, à voix prépondérante. Le versement de l’aide est également assuré par le service départemental de l’ASE.

Les réunions durent environ deux heures, il s’agit là de discuter de chacune des situations concernant des jeunes ayant faits une demande d’aide financière. Les jeunes n’étant pas présent lors de la commission CLIJ, c’est le professionnel qui présente la situation du jeune qui a rempli en sa compagnie la demande de dossier. En présentant cette situation, le professionnel fait une brève anamnèse de son parcours de vie. Par la suite, l’équipe de professionnels pose des questions pour mieux comprendre la situation. En dernière instance, une fois que chaque professionnel a donné son avis sur la demande au vue de sa situation, un tour de table se met en place. Les professionnels doivent alors voter (à main levée), dire « oui » ou « non » pour octroyer la demande d’aide financière (le FIJ).

Le Fonds d’insertion jeunes (FIJ) est un dispositif départemental qui s’adresse aux jeunes en difficulté âgés de 16 à 25 ans, afin de les soutenir dans le cadre d’un projet d’insertion. Il a vocation à leur apporter une aide, définie ci-après, en vue de favoriser leur insertion sociale et/ou professionnelle. Il facilite ainsi l’acquisition de leur autonomie.

Le FIJ recouvre des aides financières attribuées pour une durée limitée. Ces aides peuvent prendre la forme : soit de secours temporaires de nature à faire face à des besoins urgents, soit d’une aide financière pour la réalisation d’un projet d’insertion. Elles peuvent couvrir par exemple, des frais de formation, d’équipement professionnel, d’hébergement, de transport, de logement, de santé, d’alimentation, d’habillement.

Pour moi cette commission correspond vraiment à un travail en partenariat car, elle répond aux différents principes du partenariat. Une source d’intérêt mutuelle entre les différents travailleurs sociaux concernant le projet d’insertion professionnel et social du jeune. Ce projet partagé n’a de sens que s’il y a de l’entraide et des échanges. C’est une contribution mutuelle mais essentielle pour le projet. Les professionnels ont une liberté d’action avec le jeune, chacun à son mode de travail. Ils sont autonomes dans leur travail d’accompagnement avec le jeune. Cette commission est un espace de négociation où chacun donne son approche, son point de vu sur le projet du jeune. Ce travail de partenariat fait lors de la commission CLIJ, ne se limite pas à cette espace temps. Les professionnels se rencontrent également lors de rendez-vous moins formels pour discuter de l’accompagnement du jeune.

Cependant, cette action partenariale ne répond pas au critère d’égalité d’un travail en partenariat. Car, l’ASE à une voie prépondérante pour le vote, c'est-à-dire un lien hiérarchique supérieur face aux autres intervenants sociaux. Cependant, lorsqu’ils se rencontrent pour d’autres rendez-vous que la commission CLIJ, le référent ASE ou la chargée de prévention sont à égalité hiérarchique dans l’accompagnement du jeune.

Pour mieux comprendre ma situation de travail en partenariat, je vais l’illustrer brièvement avec une situation concrète de mon terrain de stage.

Daniel, est un jeune homme de 23 ans que nous avons rencontré par le biais d’une conseillère mission locale de Courbevoie. Après un contact téléphonique entre professionnels, nous avons pris un rendez-vous avec celle-ci, pour prendre connaissance de sa situation. Ainsi, il a pu nous exposer ses différents problèmes. Il l’a fait sans trop de difficultés.

Abandonné vers l’âge de 10 ans, Daniel n’a plus aucun contact avec ses parents habitant sur la région bordelaise. Depuis sa majorité, Daniel a vagabondé dans différentes villes de France (Bordeaux, Lyon, Paris). Pendant cette période, Daniel se prostituait. Pour cacher cela, il disait faire du travail la nuit pour subvenir financièrement à ses besoins. Donc vivant la nuit, il a été difficile pour lui de continuer les études. Daniel a tout de même un niveau de terminal ES (économie et social) mais ne souhaite plus reprendre les cours. Aujourd’hui, il est dans un stade avancé de la prostitution. Mais, il dit ne pas faire partie d’un réseau de prostitution.

Il est alors difficile pour la conseillère de la mission locale de travailler cette situation et de construire un projet de recherche d’emploi. Au vue de ce contexte, la conseillère a fait appel à notre service pour élaborer un travail en partenariat sur cette situation. De par la complexité de la problématique de la prostitution, tout l’empêche d’être efficace dans la recherche d’emploi. En collaboration avec la mission locale et après plusieurs rencontres, nous avons décidé d’axer notre travail sur l’insertion professionnel de Daniel. Pour cela, il a fallu nous entretenir avec lui de son éventuelle volonté de sortir de la prostitution afin d’accéder à une formation ou à un emploi stable. L’aspect financier étant l’argument avancé par Daniel au regard de la prostitution, il nous fallait alors lui trouver un financement pour subvenir à ses besoins primaires (se nourrir, se vêtir, se loger). De plus, dans l’entament de ses démarches de recherche d’emploi, Daniel aura besoin d’argent pour se déplacer aux différents rendez-vous d’embauche. En parallèle, nous nous sommes renseignés auprès d’une association spécialisée dans l’accueil de personnes prostituées (« l’Amical du nid » faisant partie du réseau du club de prévention spécialisée), afin d’avoir de plus amples informations sur cette problématique. Daniel, ne voulant pas être catégorisé « prostitué », il ne participa pas aux différents rendez-vous avec les professionnels. Réaction que je comprends fort bien.

Le seul moyen que nous avons alors pour trouver un financement rapide étant de faire une demande de FIJ auprès de l’ASE de Suresnes. Par chance, la semaine suivante une CLIJ était programmée Nous y retrouvons alors la conseillère mission locale ainsi que tous les autres partenaires cités auparavant. Je présente alors brièvement la situation de Daniel pour justifier de notre demande d’un FIJ alimentaire et transport. J’expliquais également que le primordial projet futur, est de trouver une place à Daniel en Foyer de Jeunes Travailleurs dès qu’il aura trouvé du travail. Il me semblait important d’énoncer cet objectif lors de cette commission vu la présence du directeur du FJT de Courbevoie. Il pouvait ainsi dès à présent avoir cette situation en tête, avant même que la demande soit faite. L’assistante de service social de secteur, connaissait la situation et nous explique l’avoir déjà vu au Centre Communal d’Action Sociale. La situation de Daniel est alors discutée par l’ensemble des professionnels, cela me permets de prendre du recul sur sa situation mais aussi de bénéficier d’avis extérieur.

Par la suite, le vote de chaque professionnel se déroule, la majorité est effectuée. Daniel a donc reçu son financement rapidement. Cela a permis d’atteindre ses objectifs sur un mois (avec la possibilité de renouveler la demande). Cette action lui a permis également en grande partie d’arrêter son activité de prostitution pour trouver un emploi. Quelques semaines plus tard, Daniel avait effectué plusieurs missions d’intérim qui déboucheront très certainement sur une embauche.

Conclusion - Analyse critique de ce travail en partenariat et en réseau :

La commission CLIJ est un lieu d’échange partenarial qui permet le partage d’informations autour des jeunes en difficulté. Elle répond à certains besoins du jeune avec l’aide de professionnels extérieurs. Les réponses sont adaptées car, construites en fonction des besoins observés. La commission permet également de travailler ensemble sur un projet individuel d’accompagnement. Ce travail en partenariat n’est pas conventionné ni même contractualisé mais ce n’est pas pour autant qu’il ne fonctionne pas bien.

Aujourd’hui, le partenariat est primordial dans le champ du social sachant qu’il est également une commande de l’Etat.

Ce travail de partenariat permet de pallier aux limites de l’action de l’éducateur spécialisé mais il permet également de ne pas rester seul face à la complexité des questions sociales. Il est aussi une instance de réflexion intéressante et enrichissante pour les professionnels. Pour moi, le partenariat c’est l’altérité, la reconnaissance de l’autre dans sa différence permettant un travail pluridisciplinaire. Ce travail est donc plus efficace car, il fait appel aux ressources des autres.

Pour le jeune, il est tout autant positif car, il permet d’élargir le réseau du jeune de son territoire d’habitation. Pour moi, cela fait partie d’une des missions de l’éducateur ; l’insertion sociale.

Cependant, pour que le travail fonctionne bien, il faut savoir respecter les missions de chacun pour ne pas faire du travail en doublon ou parasiter le travail d’un des professionnels. Il faut également parvenir à s’entendre sur la situation d’un jeune, avoir une certaines cohérence d’action. Néanmoins, la divergence d’opinion est possible et même favorable car elle peut être constructive.

« On ne peut agir efficacement qu’en travaillant de concert » citation de Edmund BURKE (homme politique, philosophe et écrivain).

Bibliographie :

* Dictionnaire pratique du travail social de Stéphane RULLAC et Laurent OTT, DUNOD 2010.

* Livre : « Du travail social au travail ensemble » le partenariat dans le champ des politiques sociales de Fabrice DHUME, ASH 2001.

* Etude : « pratiques éducatives et politiques territoriales » du Conseil technique des clubs et équipes de prévention spécialisée, 2006.

* Rapport d’activité de l’association, 2009.

* Site web : travail-solidarité.gouv.fr

* Article : « le défi du partenariat dans le travail social ou le paradoxe du partenariat obligatoire » d’Elisabeth VIDALENC (chercheur en sociologie), ADBDP 2006.

* Article : « le partenariat en éducation et en formation : émergence d’une notion transnationale ou d’un nouveau paradigme » de D.ZAY, Education permanente 1997.

* Article : « du partenariat au travail en réseau » d’Evelyne SIMONDI (docteur en sciences de l’éducation), Lien Social 2011.

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[ 1 ]. Action Educative en Milieu Ouvert.

[ 2 ]. Action Educative à Domicile.

[ 3 ]. Centre Médical Municipal.

[ 4 ]. Caisse Primaire D’assurance Maladie des hauts de seine.

[ 5 ]. Centre Médico-Psychologique.

[ 6 ]. Centre Médico Psycho-Pédagogique.

[ 7 ]. Centre Régionaux d’informations et de prévention SIDA.

[ 8 ]. Défense Emploi Jeune.

[ 9 ]. Association de Prévention du Site de la Villette.

[ 10 ]. Association Villette pour l’Emploi des Jeunes.

[ 11 ]. Espace Dynamique d’Insertion.

[ 12 ]. Agent Locaux de médiation sociale

[ 13 ]. Association Française pour la Norme

[ 14 ]. Développement social des quartiers.

[ 15 ]. Conseiller Principale d’Education

[ 16 ]. Commission Locale d’Insertion des Jeunes.

[ 17 ]. Dans un respect de son anonymat, son nom a été volontairement changé.