« Le philosophe scythe » La Fontaine, Fables, XII, 20
Commentaire de texte : « Le philosophe scythe » La Fontaine, Fables, XII, 20. Rechercher de 54 000+ Dissertation Gratuites et MémoiresPar celine terras-astrella • 26 Février 2025 • Commentaire de texte • 1 125 Mots (5 Pages) • 64 Vues
« Le philosophe scythe » La Fontaine, Fables, XII, 20, 1693.
Pbq : Comment le récit prépare-t-il à la morale ?
Comment La Fontaine organise-t-il une réflexion morale dans ce texte ?
I. L’apologue
1. Dimension narrative
• Deux parties de la fable faciles à distinguer, comme chez Esope : récit + morale. Morale de huit vers (milieu v. 29-36), assez étendue dans cette fable.
• Toponymes (indices spatiaux) : ils sont des repères pour que le lecteur puisse se figurer l’action.
« né dans la Scythie » 1 : lieu du début de l’action
« chez les Grecs » 3 : destination du voyage
« retourné en sa […] demeure » 21 : préfixe itératif re- indique un double voyage (aller-retour) et renvoie à la notion d’apprentissage pour le Scythe
• Personnages à la présentation parallèle :
Premier personnage du récit présenté comme « un philosophe austère, et né dans la Scythie » ; anonyme, ce qui favorise l’exemplarité du récit.
Second personnage : « un sage assez semblable au vieillard de Virgile »
=> Présentation parallèle destinée en fait à mettre en exergue des comportements antithétiques
• Apprentissage : le philosophe scythe cherche à imiter le Sage grec
Mais cette imitation se fait en dehors de toute compréhension réelle de l’enseignement du vieillard grec : ainsi, la répétition du mot « abattant »19, « abatis » 24, sous forme dérivée traduit l’idée d’une imitation à la lettre, mais qui trahit l’esprit.
• Ainsi, les deux personnages sont en fait à opposer :
Le vieillard / sage grec
Le philosophe scythe
signification des verbes Abondance des verbes d’action : « ébranchait, émondait, ôtait » 10 et cadence mineure qui illustre l’idée de retranchement, de taille des arbres. Abondance des verbes d’action : « coupe », « taille »22 « ôte » 25, « tronque » 26 mais travaux excessifs soulignés par l’accumulation désordonnée, et en dehors du respect des saisons propices
valeur des temps verbaux employés Imparfaits : valeur descriptive, mais aussi tradition. Présent de narration « coupe », « taille »22 ; « conseille », « prescrit » 23 ; « ôte » 25, « tronque », 26 ; « languit » « meurt »29
Type de mètre Alexandrin, vers noble Emploi de l’hétérométrie : à l’alexandrin ( « conseille à ses voisins, prescrit à ses amis » 23) succède l’octosyllabe (« un universel abatis ») : idée de destruction, de perte.
2. Discours et énonciation
• Nombreuses différences dans les paroles du vieillard et du Scythe
Paroles du vieillard / sage grec Paroles du philosophe scythe
Une seule occurrence
discours direct 19-20 Deux occurrences :
discours direct 13-18
discours narrativisé 23-24
Un distique (deux vers)
Cinq vers
Termes neutres et langage simple pour désigner les branches : « le superflu »19 ; « le reste » 20
• « Pourquoi cette ruine » 14 : interrogation accusatoire ; le terme « ruine », péjoratif, traduit un jugement (hâtif et erroné !) du philosophe : il ne cherche pas à apprendre, ses questions n’ont qu’une valeur de critique négative.
• Recours
à la personnification « pauvres habitants » pour désigner les arbres » 15
à l’allégorie « faux du temps » 17, à la périphrase « noir rivage » pour désigner le Styx (fleuve des Enfers de la mythologie grecque) et, par extension, la mort.
à la périphrase inutile « serpe, instrument de dommage »
Ce langage sophistiqué, concentré en 5 vers, semble peu naturel, voire pédant
Phrase déclarative 19-20 • Usage de l’impératif lorsqu’il s’adresse au vieillard « quittez-moi votre serpe » 16, « laissez » 17
• Verbe à l’indicatif, mais dont le sens se confond avec un ordre : « prescrit » 23
• Le récit : présence / commentaires du fabuliste :
Jugement de valeur
« Homme égalant les Rois, homme approchant des Dieux » 5 : ton élogieux, parfaite symétrie de l’alexandrin avec parallélisme de construction grammaticale : vers favorable au vieillard
Référence laudative à Virgile - v. 4 « Un Sage assez semblable au vieillard de Virgile » :
o elle rapproche le vieillard de la fable d’un autre personnage de vieillard qui cultive un modeste et charmant jardin dans les Géorgiques de Virgile.
o elle rapproche
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